La pollution marine, une problématique délaissée en Europe
75 % des eaux maritimes de l’UE seraient polluées par des déchets de navires. - Pexels/CC/Medinegurbet
75 % des eaux maritimes de l’UE seraient polluées par des déchets de navires. - Pexels/CC/Medinegurbet
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Dans un rapport publié le 4 mars, la Cour des comptes européenne estime que les pays européens ne se penchent pas assez sur la pollution marine. Venant de sources très diverses, elle est effectivement difficile à repérer, à surveiller et sanctionner, alerte-t-elle. La quantité de déchets marins provenant des navires reste largement inconnue. La pollution des côtes et des plages est bien mieux documentée que celle des fonds marins ou des déchets flottants.
Bien que méconnue, cette pollution serait massive. D’après la Cour, 75 % des eaux maritimes de l’Union européenne (UE) seraient polluées par des déchets de navires, c’est-à-dire par des conteneurs de transports de marchandises abandonnés, des plastiques, des engins de pêche ou des rejets d’hydrocarbures. La Cour européenne somme les États européens à réagir et rappelle que l’UE ambitionne une pollution zéro de l’eau à horizon 2030. Elle plaide pour des méthodes de surveillance et des seuils de tolérance harmonisés entre les États membres.
Elle souligne également dans son rapport le fait que les règles sur le recyclage des navires en fin de vie sont largement contournées. Certains armateurs changent leur pavillon européen contre un pavillon de pays tiers juste avant le démantèlement de leurs bateaux. « En 2022, 14,2 % de la flotte mondiale battait pavillon d’un État de l’UE, ce n’était le cas que de 6,1 % des navires en fin de vie », note la Cour. Elle pointe aussi des dysfonctionnements dans la surveillance et le contrôle des rejets d’hydrocarbures en mer. En France, par exemple, seulement 30 % des 607 signalements transmis en 2022 et 2023 par satellite ont donné lieu à une vérification, et seulement 6 % des alertes ont été confirmés.