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Climat

La réduction des émissions de CO2 largement insuffisante pour respecter l’Accord de Paris, selon un rapport

Une nouvelle étude de l’European Climate Foundation publiée mercredi 3 mars dans la revue Nature Climate Change présente le bilan des émissions de CO2 issues des énergies fossiles depuis 2015.

Les chercheurs du Global Carbon Project et de l’université d’East Anglia (UEA, Royaume-Uni) ont constaté que les réductions annuelles moyennes de 0,15 milliard de tonnes de CO2 depuis 2015 ne représentent que 10 % des 1 à 2 milliards tonnes de réductions de CO2 nécessaires chaque année au niveau mondial pour lutter contre le changement climatique. Les 36 pays les plus riches, dont fait partie la France, sont à l’origine de 35 % des émissions mondiales de CO2 en 2019 mais leurs émissions ont tendance à diminuer. Les pays à revenus moyens supérieurs sont quant à eux responsables de 51 % des émissions de CO2, dont 28 % provenant uniquement de la Chine. Les chercheurs ont également mis en place un graphique interactif pour recenser les évolutions annuelles d’émissions de CO2 selon les pays. En tout, 64 pays ont réduit leurs émissions de CO2 entre 2016 et 2019.

Selon l’autrice principale, Corinne Le Quéré, « les efforts déployés par les pays pour réduire les émissions de CO2 depuis l’Accord de Paris commencent à porter leurs fruits, mais les actions ne sont pas encore à une échelle suffisamment grande ».

Les auteurs rapportent qu’avec la crise du Covid-19 en 2020, les émissions de CO2 au niveau mondial ont diminué de 7 % mais ne provoqueraient pas de diminution durable si nous ne nous éloignons pas d’une économie fondée sur les énergies fossiles. Selon Corinne Le Quéré, « il est dans l’intérêt de tous et de toutes de mieux reconstruire notre économie pour accélérer la transition vers une énergie propre ».

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a d’ailleurs mis en garde sur un rebond des émissions de CO2 après le choc de la pandémie de Covid-19. En décembre, les émissions auraient ainsi augmenté de 2 % par rapport à 2019. Fatih Birol, directeur général de l’AIE prévient que « le rebond des émissions de CO2 dans le monde à la fin de l’année dernière représente un sérieux avertissement sur le fait que n’avons pas fait assez pour accélérer la transition vers les énergies propres à travers le monde ».

Cette nouvelle étude intervient quelques semaines après le rapport de l’ONU qui mettait en exergue l’insuffisance et l’inefficacité des mesures pour faire face à la crise climatique. Si ces « contributions déterminées au niveau national », NDC en anglais, étaient appliquées, elles entraineraient une diminution de seulement 1 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre d’ici 2030, alors qu’une réduction de 45 % est nécessaire pour ne pas dépasser les 1,5 °C d’augmentation.

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