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La sécheresse se poursuit et s’aggrave en Chine

Durée de lecture : 6 minutes

19 mai 2011 / Christophe Magdelaine (Notre planète info)

La sécheresse en Chine pèsera sur la production agricole et pèse sur la fourniture d’électricité.


Selon le Centre d’Information Internet de Chine, la sécheresse frappe les provinces traversées par le fleuve Yangtsé, le plus long du pays. En effet, de janvier à avril, le bassin du fleuve Yangtsé a reçu 40% de précipitations en moins par rapport à la moyenne calculée sur les 50 dernières années.

Par conséquent, les cultures souffrent de plus en plus, ne se développent pas et les rivières atteignent des niveaux inquiétants. Par exemple, sur la section du fleuve Yangtsé entre Yichang dans la province du Hubei et Jiujiang dans la province du Jiangxi (est), les niveaux étaient de 2,5 à 5,6 mètres inférieurs aux moyennes, a révélé dimanche 15 mai 2011 le bureau provincial de contrôle des inondations et de lutte contre la sécheresse du Hubei.

Actuellement, la sécheresse en Chine affecte environ 1,35 million d’hectares de culture, principalement dans les provinces du Hubei, du Hunan et du Gansu. De plus, le Bureau de contrôle des innondations et le quartier général de lutte contre la sécheresse estiment que plus de 1 400 000 personnes sont touchés par les difficultés d’approvisionnement en eau potable dans le pays.

Cette sécheresse prolongée affecte durement la province du Hubei, l’un des principaux producteurs de coton et de céréales du pays. En effet, dans la plupart des régions qui composent la province, les précipitations sont également inférieures de 50 % aux normales. Par conséquent, le Hubei, situé au centre-est du pays, devrait enregistrer une chute de la production de blé ainsi qu’une perturbation de la croissance des pousses de riz. Le centre d’observation du climat régional de Wuhan du bureau météorologique de la province du Hubei, qualifie cette sécheresse de « conditions climatiques extrêmes ».

Plusieurs régions dont Xiaogan, Tianmen, Suizhou et Xiangyang ont lancé une action d’urgence de lutte contre la sécheresse. La sécheresse qui règne dans 69 districts et villes provinciales couvre environ 670 000 hectares de champs. Le gouvernement local a pris des mesures d’urgence en ouvrant 438 réservoirs et en creusant des canaux pour l’irrigation. Au total, quelque 826 000 personnes sont engagées dans la lutte contre la sécheresse.

Malheureusement, les prévisions météorologiques ne sont pas optimistes pour le mois de mai et les précipitations dans la plupart des régions du Hubei devraient se maintenir à un niveau très bas et la température pourrait grimper.

La sècheresse printanière a également touché l’approvisionnement en eau potable de plus de 300 000 personnes dans la province du Fujian. Les autorités expliquent que les chutes de pluies sont en recul de 60% par rapport à l’an dernier et que le volume d’eau dans les rivières s’est réduit de 40%.

Le barrage des Trois-Gorges relâche la pression

Depuis le 15 mai 2011, le niveau d’eau du réservoir du barrage des Trois Gorges, le plus grand barrage du monde, est tombé à 154,8 mètres, en dessous de 156 mètres, le niveau requis pour une production électrique à pleine puissance, selon les dernières statistiques révélées par le Bureau des ressources en eau du Hubei.

Pour atténuer la sécheresse sévère qui frappe les régions de la moyenne vallée du fleuve Yangtsé, de lundi à mercredi 18 mai, les autorités ont décidé d’augmenter le débit du barrage à 9 500 mètres cubes par seconde, soit environ 2 900 mètres cubes de plus que la vitesse normale du flux, selon Zhao Yunfa, un ingénieur du barrage.

M. Zhao a indiqué que le débit actuel de l’eau sur la section moyenne du fleuve Yangtsé, le plus long du pays, a atteint un niveau proche du plus bas niveau enregistré il y a 16 ans avec seulement 6 600 m3 par seconde. En cause : la faiblesse des précipitations durant l’hiver.

Le barrage des Trois-Gorges, très controversé, a considérablement modifié le débit et le cours du Yangtsé, notamment en diminuant de près d’un tiers l’apport en sédiments, qui jouent pourtant un rôle d’engrais naturel. Si le barrage peut réguler le débit du fleuve en cas de crues en amont, son réservoir de 39,3 milliards de mètre cube diminue aussi significativement le débit en aval et celui de ses affluents et exacerbe donc la sécheresse.

La sécheresse aggrave la crise énergétique

La pénurie d’électricité qui affecte de nombreuses régions du pays ces derniers mois pourrait amorcer la pire crise énergétique que la Chine ait connue depuis de nombreuses années.

Les coupures d’électricité et les pannes de courant enregistrées depuis mars, dues au contrôle des prix, à la hausse de la demande et à la chute de la production hydroélectrique provoquée par la sécheresse ont affecté les entreprises des zones littorales et de certaines provinces intérieures. En effet, les barrages hydroélectriques produisent moins d’électricité puisque les débits des cours d’eau sont plus faibles. Ainsi, les statistiques de la Commission nationale de réforme et de développement ont montré que la production d’électricité de la plupart des grandes stations hydroélectriques du Hubei a fortement diminué en avril.

Depuis mars, des mesures de limitation de l’approvisionnement en électricité, notamment des coupures, ont été mise en œuvre dans les provinces du Zhejiang, Jiangsu, Hebei, Hubei, Jiangxi et Guangdong afin de soulager la pression.

La pénurie est également due aux efforts entrepris pour transformer le modèle de développement économique en encourageant l’investissement dans les industries émergentes, comme l’industrie des énergies nouvelles, a déclaré l’agence Xinhua. « L’électricité d’origine thermique représentait auparavant 75 % de la capacité électrique installée totale de la Chine et 82 % des capacités de production du pays. Mais les investissements dans le secteur ont chuté à 130 milliards de yuan (20 milliards de dollars) l’année dernière alors qu’ils atteignaient 200 milliards de yuans il y a encore cinq ans », a expliqué Yu Yanshan, directeur adjoint du bureau de la Commission d’État de régulation de l’électricité.

Ainsi, Xue Jing, directeur du département des statistiques du conseil a observé que la chute récente des investissements dans l’électricité thermique avait fait baisser la quantité d’électricité disponible. En outre, les centrales électriques fonctionnant au charbon sont réticentes à augmenter la production en raison de l’augmentation du prix de leur matière première.

« La crise d’approvisionnement en électricité s’explique en partie par la résurgence d’industries gourmandes en énergie, les gouvernements locaux ignorant la décision de Beijing de fermer les unités de production obsolètes pour tenir leur objectif de croissance », a affirmé lundi Yang Jianhua, responsable de recherche à l’Académie des sciences sociales du Zhejiang.

L’électricité hydroélectrique est la deuxième plus grande source d’électricité en Chine, avec plus de 45 000 centrales en activité en 2010, produisant plus de 662 milliards de kWh par an, selon un rapport sur le développement de l’hydroélectricité en Chine publié par China Huadian Corporation. Han Xiaoping, directeur général de China Energy Net, un important fournisseur d’information du secteur de l’énergie a déclaré mardi 17 mai que la Chine devrait accélérer le rythme de construction des centrales hydroélectriques dans les zones pluvieuses du sud-ouest afin d’éviter les pénuries saisonnières.



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Source : http://www.notre-planete.info/actua...

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