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En brefNucléaire

Uranium au Niger : la France interdite d’exploiter la mine d’Imouraren

Manifestation en 2014 à Niamey, la capitale du Niger.

Orano va devoir faire une croix sur l’uranium nigérien. Jeudi 20 juin, le Niger a annoncé avoir retiré au groupe nucléaire français son permis d’exploitation du gisement d’Imouraren, au nord du pays – l’un des plus grands du monde.

Motif, Orano n’aurait pas lancé les travaux pour l’exploitation du site, malgré un ultimatum des autorités nigériennes lui enjoignant de le faire avant le 19 juin. Ce qu’Orano conteste : les infrastructures du gisement étaient « rouvertes depuis le 4 juin 2024 pour accueillir les équipes de construction et faire avancer les travaux » et « plusieurs dizaines de personnes étaient mobilisées durant la phase de relance du projet. À terme, Imouraren SA devait employer 800 personnes, sous-traitants compris », a-t-il indiqué le 20 au soir à l’AFP.

Le divorce est consommé entre le Niger et la France

Cette crise intervient moins d’un an après le coup d’État militaire au Niger. À leur arrivée au pouvoir, les généraux ont répété qu’ils souhaitaient revoir en profondeur le système d’exploitation des matières premières sur leur sol par des compagnies étrangères. Depuis, le divorce est consommé entre le Niger et la France, ancienne puissance colonisatrice. Les derniers militaires français ont quitté le pays fin 2023 et la France a fermé son ambassade à Niamey. Pour écouler son minerai, le régime se tourne désormais vers la Russie et l’Iran.

Ce retrait de permis ne devrait cependant pas menacer l’approvisionnement français en uranium, a assuré jeudi le ministère de l’Économie. Le Niger fournissait toutefois un quart de l’approvisionnement en uranium naturel aux centrales nucléaires européennes en 2022, derrière le Kazakhstan et devant le Canada. La course au nucléaire dans le cadre de la transition énergétique et les tensions internationales ont provoqué une flambée du cours de ce minerai, dont le prix a atteint un prix record en décembre 2023. Pour pallier ces difficultés, la France œuvre à diversifier ses sources d’approvisionnement, et a annoncé un projet – déjà controversé – de nouvelle mine en Mongolie.

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