50 % de pesticides en moins ? L’Europe dit non
Le Parlement européen a rejeté l’objectif de réduire de moitié l’utilisation des pesticides d’ici 2030 par rapport à la moyenne des années 2013 – 2017. - Pxhere / CC
Le Parlement européen a rejeté l’objectif de réduire de moitié l’utilisation des pesticides d’ici 2030 par rapport à la moyenne des années 2013 – 2017. - Pxhere / CC
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Le Parlement européen a rejeté, mercredi 22 novembre, l’objectif de réduire de moitié l’utilisation des pesticides d’ici 2030 par rapport à la moyenne des années 2013 – 2017. Il s’agissait d’un projet de nouveau règlement européen sur la réduction des pesticides (SUR), proposé par la Commission européenne. Le texte a reçu 207 voix favorables contre 299 défavorables et 121 abstentions.
« Énorme déception en plénière : le texte est rejeté dans son entièreté. Tout comme son retour en commission Environnement », a notamment réagi la députée européenne Michèle Rivasi sur X.
La proposition prévoyait également que les produits phytopharmaceutiques considérés comme les plus dangereux doivent voir leur utilisation baisser, eux, de 65 % à cette même échéance. Autre avancée majeure qui était attendue par les associations écologistes : une interdiction des pesticides de synthèse dans les zones sensibles, notamment les zones Natura 2000, était également intégrée au texte. Les bandes tampons autour de ces zones devaient aussi être rehaussées de 3 à 5 mètres.
La responsabilité de la droite et l’extrême droite
Le rejet du texte est une surprise car la proposition avait fait l’objet d’un accord lors des discussions préalables en commission Environnement, réunissant une large coalition, allant du centre à l’extrême-gauche en passant par les socialistes et les écologistes. Mais les risques de dissidences de certains députés, notamment au sein du groupe centriste Renew, laissaient planer le doute. Les députés néolibéraux du centre se sont finalement massivement opposés au texte, selon les observateurs sur place.
« Les conservateurs, la droite et les néolibéraux sont responsables ! », a déploré un juriste spécialiste de la défense de l’environnement à Bruxelles. « C’est un jour noir pour la biodiversité, pour la qualité de l’eau et l’avenir de nos enfants », a également réagi le député européen socialiste Christophe Clergeau.