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Pesticides

Le glyphosate ne serait pas cancérogène, affirme l’Agence européenne des produits chimiques

Le glyphosate ne doit pas être classé comme substance cancérigène, a estimé l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) mercredi 15 mars. « Cette conclusion repose à la fois sur des preuves humaines et sur le poids des preuves tirées de l’examen de l’ensemble des études animales », a dit mercredi Tim Bowmer, le président de l’organe d’évaluation des risques de l’ECHA.

La Commission européenne a prolongé de 18 mois, en juillet 2016, l’autorisation de la vente du glyphosate, un herbicide présent notamment dans le Roundup du groupe de semences américain Monsanto. Les conclusions contradictoires des scientifiques sur le caractère cancérigène du glyphosate ont dressé l’industrie chimique et certains cultivateurs contre les écologistes et des associations de consommateurs. L’opinion de l’ECHA sera transmise à la Commission européenne qui prendra une décision définitive.

En mars 2015, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), un organisme dépendant de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), avait classé le glyphosate comme substance « probablement » cancérigène. Mais sept mois plus tard, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa), qui dépend de l’Union européenne, concluait à l’absence de danger pour l’homme et, en mai 2016, un comité conjoint de l’OMS et de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) avait estimé qu’il ne causait probablement pas de cancer.

La députée écologiste européenne Michèle Rivasi a réagi à cette annonce : « Cela fait maintenant un an aujourd’hui que nous demandons à l’EFSA de publier les études sur lesquelles elle s’est basée pour affirmer que le glyphosate n’est probablement pas cancérogène. L’EFSA ne nous a transmis que des bribes des études hier, ce n’est pas acceptable. Nous allons donc considérer la possibilité de saisir la Cour de Justice de l’UE.

Aujourd’hui, l’ECHA a aussi rendu son avis sur le glyphosate en se basant sur ces mêmes études non-publiées et avec des experts au sein de son comité qui sont en conflits d’intérêts. C’est indigne des agences européennes !

Le glyphosate est partout, dans nos champs, nos assiettes, notre urine. Nous avons le droit de savoir comment les autorités européennes en viennent à dire qu’il n’est probablement pas cancérogène alors que l’OMS affirme le contraire. »

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