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Déchets

Le gouvernement renonce à remonter les déchets toxiques enfouis à Stocamine

Lundi 18 janvier, deux semaines après s’être rendue sur place, la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, a pris sa décision. Les 42.000 tonnes de déchets dangereux enfouis à 500 mètres sous terre dans l’ancienne mine de potasse de Stocamine, à Wittelsheim (Haut-Rhin), ne seront pas ressortis. Ils resteront confinés définitivement, non loin de l’importante nappe phréatique d’Alsace.

Cette nouvelle a agi comme un coup de massue pour les élus locaux et les associations écologistes, qui réclament depuis des années leurs évacuations. Lorsqu’il a été décidé à la fin des années 1990 de reconvertir cette mine en décharge industrielle souterraine, les autorités avaient assuré que le stockage serait réversible. Mais, un incendie en septembre 2002 a dévasté les galeries. Depuis, au gré des décisions des gouvernements successifs, seulement 2.000 tonnes de déchets contenant du mercure ont été extraites.

Barbara Pompili a estimé que l’évacuation des déchets « présenterait des risques significatifs pour les travailleurs » sans que « les avantages potentiels » soient démontrés. Elle a, en outre, choisi d’allouer une enveloppe de 50 millions d’euros « pour permettre un plan de protection de la nappe d’Alsace sur les cinq prochaines années ». Cette somme d’argent doit financer, sous le pilotage de l’Ademe, l’Agence de la transition, la dépollution de « plusieurs anciens sites industriels situés au-dessus de la nappe d’Alsace » et non en dessous comme Stocamine.

« C’est malheureux, c’est minable »

La somme ne correspond pas non plus aux promesses faites par le gouvernement. Barbara Pompili avait promis à des élus alsaciens qu’en cas de confinement total, une somme équivalente au déstockage serait redéployée, soit de 205 à 456 millions selon les scénarios.

Les réactions ne se sont pas fait attendre. Sur France Bleu, Yann Flory, porte-parole de l’association Destocamine, a dénoncé cette décision : « C’est malheureux, c’est minable ! Tant pis pour Mme Pompili, son nom sera synonyme de catastrophe écologique, elle sera jugée par contumace dans un ou deux siècles. »

Même colère du côté du député Les Républicains Raphaël Schellenberger : « C’est une décision cynique ! Cynisme de venir narguer les Alsaciens il y a deux semaines, cynisme de marcher sur un rapport parlementaire adopté à l’unanimité », a-t-il réagi.

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