Le lynx boréal pourrait à nouveau disparaître de France
Un lynx en captivité. - Abujoy / CC BY-SA 4.0 / Wikimedia Commons
Un lynx en captivité. - Abujoy / CC BY-SA 4.0 / Wikimedia Commons
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Le lynx boréal est-il condamné à disparaître une seconde fois de notre territoire ? C’est la crainte émise par le Muséum national d’histoire naturelle et l’Office français de la biodiversité (OFB) dans un rapport d’expertise remis le 4 décembre au comité de pilotage du Plan national d’action (PNA) Lynx.
Les deux organismes alertent sur « le déclin progressif des effectifs et un fort risque de disparition à l’horizon 2130 ». Alors qu’il avait complètement disparu de nos massifs montagneux au début du XXᵉ siècle, le discret félin les a recolonisés à partir des années 1970, grâce à des programmes de réintroduction. Mais ses chances de survivre à long terme sont compromises, estiment la vingtaine de scientifiques suisses et français qui ont travaillé en associant approches en écologie et en sciences humaines et sociales.
Besoin de nouveaux individus pour la diversité génétique
Trois obstacles majeurs seraient en cause, selon les experts : une faible connectivité des noyaux de populations, des destructions légales et illégales, une faible diversité génétique de la population. « Il apparaît extrêmement improbable que la diversité génétique de la population de lynx française puisse bénéficier de l’arrivée spontanée d’individus depuis les Carpates. Faire venir de nouveaux individus de l’extérieur (translocation) constitue la seule solution pour augmenter la variabilité génétique », estiment-ils.
Outre la réintroduction d’individus et la fin des destructions, le rapport préconise d’améliorer la connectivité des zones d’habitat favorable au lynx. Il recommande également de favoriser « la disposition à, et la possibilité de, vivre avec le lynx boréal » en améliorant les relations entre et avec les acteurs locaux (chasseurs, éleveurs, associations de protection de la nature…) autour de ces questions et en renforçant les moyens d’action de la police de l’environnement.