Le nombre de passoires énergétiques en baisse… à cause de la réforme du DPE
Contre les passoires énergétiques, des militants écologistes ont brûlé leurs factures d'électricité devant le ministère de l'Économie, le 24 novembre 2022. - © NnoMan Cadoret / Reporterre
Contre les passoires énergétiques, des militants écologistes ont brûlé leurs factures d'électricité devant le ministère de l'Économie, le 24 novembre 2022. - © NnoMan Cadoret / Reporterre
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Il y a moins de logements « passoires énergétiques » en France en 2025 qu’en 2024. Voilà la conclusion des statistiques du gouvernement, publiées le 12 novembre. Sauf que cette bonne nouvelle est surtout due à une réforme du calcul du diagnostic de performance énergétique (DPE).
En comptant les résidences principales, mais aussi les résidences secondaires et les logements vacants (soit 37,4 millions de logements en tout), le nombre de passoires énergétiques au 1er janvier 2025 était estimé à environ 5,4 millions (14,4 % du parc) contre 5,8 millions (15,6 %) un an auparavant, soit une baisse d’environ 400 000 logements.
Sur les seules résidences principales (30,9 millions), « le nombre de “passoires énergétiques” (étiquettes F et G du DPE) [était] estimé à environ 3,9 millions de logements, soit 12,7 % du parc », précise le service de statistique publique de l’énergie, des transports, du logement et de l’environnement (SDES). Soit une diminution d’environ 327 000 logements par rapport au 1er janvier 2024, et même de 836 000 logements par rapport au 1er janvier 2023.
Changement de calcul
Le gouvernement reconnaît toutefois que près de 40 % de la baisse par rapport à 2024 est imputable à la réforme du calcul du DPE pour les petites surfaces. Les logements de moins de 40 m² ont en effet bénéficié d’un assouplissement des critères depuis le 1er juillet 2024.
« Sur l’ensemble des résidences principales, on estime que 38 % de la baisse des passoires énergétiques estimée entre le 1er janvier 2024 et le 1er janvier 2025 serait liée à la réforme des seuils pour les petites surfaces », indique le SDES.
« On s’est rendu compte que plus la surface d’un logement est petite, plus la part de l’eau chaude sanitaire pèse sur son classement, sans lien réel avec le nombre d’occupants », avait déclaré en février 2024 le ministre de la Transition écologique de l’époque, Christophe Béchu, pour justifier la réforme du DPE. Même si une personne vivant dans 25 m2 se douche a priori autant qu’une personne dans 50 m², sa consommation était jusque là estimée comme plus importante dans le DPE, son logement était donc moins bien noté. D’où le changement de calcul, qui avait été dénoncé par plusieurs associations, comme le racontait Reporterre.
« Ce n’est pas parce qu’on change les règles du DPE que le logement deviendra miraculeusement confortable pour les locataires, et tout ça ne fera pas baisser leur facture d’énergie », dénonçait Isabelle Gasquet, du réseau Cler.