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Monde

Le nouveau président du Chili, un désastre annoncé pour l’écologie

José Antonio Kast, président élu du Chili, le 14 décembre 2025 après sa victoire.

Le candidat d’extrême droite José Antonio Kast a été élu président du Chili dimanche 14 décembre. Fils de nazi et admirateur de Pinochet, il promet de faciliter les projets miniers et de s’attaquer aux réglementations environnementales.

Chili (correspondance)

Des centaines de Chiliens ont brandi des drapeaux nationaux et clamé en chœur : « Kast président ! » dès 19 h 30, dimanche 14 décembre, dans les beaux quartiers de Las Condes à Santiago. Avec 58,30 % des voix, José Antonio Kast, fondateur du Parti républicain (extrême droite) a remporté haut la main l’élection présidentielle.

Cet avocat de 59 ans, fils d’un soldat nazi émigré au Chili après la Seconde Guerre mondiale, briguait la présidentielle pour la troisième fois. En 2021, il avait perdu face à l’actuel président progressiste Gabriel Boric, mais cette année, il a profité des nombreux reports de voix des candidats de droite battus au premier tour.

La candidate de la coalition de centre-gauche Jeannette Jara a reconnu sa défaite (41,70 %). Le 11 mars prochain, date de son investiture, l’ancien député admirateur de Pinochet sera le président le plus à droite du pays depuis la fin de la dictature en 1990.

Un « gouvernement d’urgence » pour rétablir « l’ordre et la sécurité »

Tout au long de sa campagne, le futur président du Chili n’a cessé de répéter que son pays « tombe en ruines » et qu’il va rétablir « l’ordre et la sécurité » avec « un gouvernement d’urgence ». Dans son programme, il promet de lutter contre la criminalité en expulsant 337 000 étrangers en situation irrégulière.

« La montée de la criminalité est une des principales préoccupations des Chiliens et elle a été associée à l’immigration irrégulière, commente Stéphanie Alenda, professeure et chercheuse en sociologie politique à l’université Andrés Bello, mais la perception d’insécurité est disproportionnée par rapport aux taux d’homicides [6 pour 100 000 habitants] qui sont d’ailleurs parmi les plus bas d’Amérique latine. »

L’autre crise à laquelle le pays serait confronté selon Kast est d’ordre économique. La croissance annoncée en 2025 est pourtant de 2,4 % et l’inflation est maîtrisée. Pays minier et agro-exportateur, le Chili est le premier producteur de cuivre au monde, le deuxième de lithium et il exporte la majorité de ses produits agricoles (avocats, raisins, cerises…).

« Un danger pour l’environnement »

Qu’importe. Pour « relancer le pays », Kast mise donc sur la simplification des réglementations environnementales afin de faciliter les projets d’extraction minière et choyer l’industrie agroalimentaire.

Ses rares propositions sur le plan environnemental s’articulent toutes autour de la croissance économique. Jorge Cash, avocat en droit environnemental, considère que l’ultraconservateur « incarne l’extractivisme classique sans aucun contrepoids réglementaire, le scepticisme climatique et le rejet des grands accords internationaux ».

Felix González, député écologiste, considère même que José Antonio Kast est « un danger pour l’environnement ». « Il propose de fragiliser les outils qui nous permettent de protéger la nature, les animaux et les communautés affectées par la pollution », explique-t-il dans une vidéo publiée sur ses comptes sur les réseaux sociaux.

Il ajoute que Kast est opposé à la consultation indigène et a voté contre l’Accord d’Escazú, un traité international qui protège les défenseurs de l’environnement, très menacés en Amérique du Sud.

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L’approche environnementale du futur président d’extrême droite est également techniciste, comme chez ses homologues en Argentine et aux États-Unis. Pour combattre la mégasécheresse qui touche le pays andin depuis quinze ans, il promet par exemple « l’augmentation de la production d’eau pour lutter contre l’avancée de la désertification » avec la construction d’usines de dessalement.

Flavia Liberona, directrice de la fondation écologiste Terram est inquiète de l’absence d’engagements concrets sur le climat et l’environnement. « Promouvoir l’investissement pour stimuler l’économie sans garantie environnementale est très préoccupant », a-t-elle déclaré. Les associations environnementales craignent les conséquences sur les écosystèmes fragiles du Chili, un pays minier déjà très exploité.

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