Le nucléaire décline, malgré une production record en 2024
La part du nucléaire (ici la centrale de Civaux) dans le mix énergétique mondial continue de s’éroder. - Wikimedia Commons/CC BY-SA 4.0/CivauxCommunication
La part du nucléaire (ici la centrale de Civaux) dans le mix énergétique mondial continue de s’éroder. - Wikimedia Commons/CC BY-SA 4.0/CivauxCommunication
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La production mondiale d’électricité d’origine nucléaire a atteint en 2024 un nouveau sommet. 2 677 térawattheures (TWh) ont été produits, en hausse de 2,9 % par rapport à l’année précédente, selon le rapport annuel sur l’état de l’industrie nucléaire publié le 22 septembre. Ce niveau constitue un record depuis dix-huit ans, porté notamment par la Chine. Pourtant, malgré cette performance, la part du nucléaire dans le mix énergétique mondial continue de s’éroder. En 2024, elle représente seulement 9 % de la production brute d’électricité mondiale commerciale, contre 17,5 % lors du pic historique de 1996.
Ce paradoxe s’explique par la longueur et le coût élevé des projets nucléaires. Pendant ce temps, les énergies renouvelables connaissent une croissance fulgurante. En 2024, le monde a ajouté 565 gigawatts (GW) de capacités renouvelables, contre seulement 5,4 GW pour le nucléaire. Les investissements dans les renouvelables ont atteint 728 milliards de dollars (619 milliards d’euros), soit 21 fois ceux consacrés au nucléaire.
Et le décrochage de l’atome risque de s’accentuer. Selon les auteurs du rapport, il faudrait construire et mettre en service 44 nouveaux réacteurs supplémentaires d’ici 2030, en plus des 59 déjà en chantier ou planifiés, simplement pour compenser les fermetures prévues.