Le pillage canadien en Afrique - chut !

Durée de lecture : 2 minutes

28 avril 2009 / Ecosociété

Le livre Noir Canada raconte comment les compagnies minières canadiennes pillent l’Afrique. Il est l’objet depuis plus d’un an de poursuites destinées à le faire disparaitre.

C’était il y a un an. Le 15 avril 2008, Alain Deneault, Delphine Abadie et William Sacher faisaient paraître l’ouvrage Noir Canada : Pillage, corruption et criminalité en Afrique, chez Écosociété, en dépit des menaces de poursuites judiciaires de la multinationale canadienne Barrick Gold.

S’en sont suivis deux poursuites en diffamation totalisant 11 millions de $ par les minières canadiennes Barrick Gold et Banro, des amendements à celles-ci, de multiples et lourdes procédures judiciaires (requêtes, demandes et production de documents, accumulation de journées d’interrogatoires, etc.), la préparation de volumineux dossiers de défense sous deux juridictions différentes, des déplacements fréquents en Ontario, le rejet de la demande de transfert de la poursuite de Banro au Québec, l’appel de cette décision, etc. Sans parler évidemment du déboursement de frais considérables que supposent de pareilles procédures, et de l’épuisement psychologique et moral qu’entraîne une telle mise sous pression.

Pendant ce temps « le pillage canadien en Afrique se poursuit », nous rappellent les auteurEs de Noir Canada, tandis que « le gouvernement canadien vient de consacrer le Canada comme paradis judiciaire des sociétés extractives mondiales ».

Durant cette année éprouvante, universitaires, organismes, syndicats, groupes religieux, hommes et femmes politiques, associations africaines, citoyens et citoyennes ont manifesté leur soutien envers les Éditions Écosociété et les trois auteurs de Noir Canada. Ils ont permis que cette lutte pour la liberté d’expression, la liberté de recherche et la libre participation au débat public se poursuive. Leur précieux soutien a surtout contribué à ce que ne soit pas occulté ce débat nécessaire quant au rôle des entreprises et institutions canadiennes dans la souffrance de tant d’Africains. Un enjeu d’autant plus crucial pour la démocratie que les fonds de pension, fonds commun, REERs et autres actifs canadiens financent en grande partie l’activité de cette industrie sur laquelle circulent à travers le monde tant d’inquiétantes allégations.

Nous tenons spécifiquement à souligner le dévouement et la grandeur d’âme de Me Normand Tamaro (notre procureur dans le cas Barrick Gold), ainsi que de Me Linda McCaffrey et son équipe d’Ecojustice (nos procureurs ontariens dans le cas Banro).

À tous ces gens qui se sont reconnu une responsabilité civique et collective dans ce combat emblématique, et sans qui nous n’aurions certainement pas su traverser cette dure année, nous offrons nos plus sincères remerciements.


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Source : Ecosociété

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