Le prix du pétrole est bas ? C’est pourtant sa fin. Qui annonce la fin de la croissance

23 décembre 2015 / Matthieu Auzanneau



Et si nous atteignions les limites de la croissance économique ? C’est l’hypothèse défendue ici : les cours très bas du pétrole rendent impossible les investissements nécessaires pour puiser dans les réserves encore disponibles. Le moteur de la croissance, l’énergie fossile, va donc bientôt caler. Entraînant la chute de l’économie.

Matthieu Auzanneau est spécialiste de l’énergie. Il anime le blog Oil Man, chroniques du début de la fin du pétrole. Il est l’auteur d’Or noir. La grande histoire du pétrole , publié à la Découverte

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Matthieu Auzanneau.

De lourds nuages s’amoncellent (encore) au-dessus de l’économie mondiale. Tandis que des experts de la Banque des règlements internationaux s’inquiètent de l’avenir d’un monde « dans lequel les niveaux d’endettement sont trop élevés, la croissance de la productivité, trop faible, et les risques financiers, trop menaçants », la banque britannique HSBC constate tout simplement : « Nous sommes déjà en récession. »
Nouveaux médecins de Molière, les économistes paraissent plus démunis que jamais. Même le patron de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, « porte un chapeau trop grand » pour lui, estime le quotidien économique les Échos, « un chapeau qui lui couvre les yeux, mais qui ne l’empêche pas de foncer ». La confiance règne.

Résumé des épisodes précédents :

- la crise de 2008 fut une crise de la dette ;

- les grandes banques centrales y ont remédié grâce… à davantage de dette, notamment en abaissant plus bas que jamais les taux d’intérêts ;

- chacun voit bien qu’il serait grand temps de décider d’une remontée de ces taux d’intérêt, si l’on veut résorber un endettement global parvenu à un niveau saugrenu (210 % du PIB mondial, contre « seulement » 180 % en 2008) ;

- toutefois, les maîtres de la finance redoutent que le retour à des taux d’intérêt normaux provoque une récession planétaire (un resserrement monétaire est qualifié de « principale menace pour l’économie mondiale » dans la version provisoire d’un récent communiqué de la Banque centrale états-unienne).

L’alternative à laquelle le capitalisme mondial paraît voué se résume ainsi :

- soit la bulle gigantesque de la dette explose d’elle-même ;

- soit elle explose à cause d’une remontée des taux d’intérêt.

L’économie de croissance peut-elle échapper à cette prise du crabe ? Le diagnostic que je vais résumer (développé auparavant ici) n’est qu’une hypothèse, en même temps qu’une question fatidique :

Et si l’actuel ralentissement de l’économie était en passe de révéler les « limites à la croissance » annoncées dans le rapport du club de Rome de 1972 ?

On a souvent considéré qu’une limite à la croissance devrait se manifester par une hausse sans fin des cours du pétrole et des autres grandes matières premières. Au contraire, les limites de la croissance pourraient être révélées par un prix des matières premières trop bas, c’est-à-dire par une demande globale trop faible pour que reste rentable l’extraction sans cesse plus coûteuse des flux de matières requis par la croissance. Un prix trop bas, autrement dit, pour financer la nécessaire quête de nouvelles sources intactes de pétrole à très grande profondeur au large du Brésil ou sous le pôle Nord, ou bien encore pour financer le déploiement massif des énergies renouvelables.

Exagérations (ou purs mensonges) de Pékin

Marqué par l’effondrement inattendu des cours du pétrole, le ralentissement présent de l’économie (c’est-à-dire en particulier de la croissance chinoise, laquelle assure à elle seule la moitié de la croissance mondiale) amène à reconsidérer ce qu’il se passe vraiment depuis la crise de 2008, au-delà des subterfuges monétaires par lesquels le système financier a pu empêcher sa propre implosion.

À mon sens, le symptôme décisif est précisément cet effondrement du prix du pétrole brut, passé depuis l’été 2014 de plus de cent dollars à une cinquantaine de dollars seulement.

Avant la révélation, durant l’été 2015, des exagérations (ou des purs mensonges) de Pékin au sujet du rythme de croissance de la Chine, la conjoncture économique mondiale présentait des caractéristiques fort surprenantes. Si, en dépit d’une croissance chinoise que l’on croyait encore être fulminante, les cours du brut étaient capables de chuter autant, cela voulait forcément dire que nous étions en train d’entrer dans une nouvelle ère d’abondance énergétique et matérielle. En particulier, les sombres pronostics d’un déclin imminent, pour cause de limites géologiques, de la production pétrolière mondiale se révélaient nuls et non avenus.

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Une usine pétrochimique près de Nanjing, en Chine.

Aux yeux des économistes, tout dès lors redevenait possible, sinon envisageable. Grâce à la fracturation hydraulique et aux hydrocarbures de schiste, ces diables d’États-uniens avaient bel et bien réussi à repousser une fois encore le spectre de l’épuisement de l’or noir. Les « limites à la croissance » et même toute limite au génie technique humain apparaissaient à nouveau comme fumisteries bonnes à effrayer des écolos dépressifs. Preuve était faite que la technologie était capable d’à peu près n’importe quoi. C’est à peine si quelques-uns s’étonnaient de voir les émissions de CO2 de la Chine ralentir malgré la croissance de son économie. Le paradoxe s’expliquait par un boom jugé « miraculeux » des énergies renouvelables. Ce miracle chinois venait opportunément faire pièce, aux yeux des écologistes technolâtres, à un autre « miracle » : celui du boom du gaz et des pétroles de schiste aux États-Unis.

Las, les lois physiques sont intransigeantes : la croissance de la Chine était bel et bien exagérée (le ralentissement de ses émissions s’avère probablement dû au fléchissement de sa demande de charbon).

Si l’effondrement des cours du brut est un symptôme décisif de l’état réel de l’économie, il n’est pas pour autant isolé. Car outre le pétrole, ce sont les cours de toutes les grandes matières premières industrielles qui ont chuté, signe évident du ralentissement de l’activité industrielle chinoise et mondiale, et non du début d’une nouvelle ère d’abondance.

Les économistes sont des horlogers newtoniens

« Et alors ? entends-je maugréer le lecteur impatienté, ce n’est pas la première fois que les économistes se trompent ! » Prête encore patience, ami lecteur, car il se pourrait qu’il y ait bien mieux dans tout ceci, ou bien pire.

Admettons qu’ainsi qu’ils le prétendent, les économistes aient compris ce qu’est la toile de fond qu’ils analysent, mais qu’ils se trompent dans l’interprétation des scènes qu’ils observent sur cette toile. Sur le tableau que les économistes perçoivent, un « cycle économique » finit toujours par en chasser un autre, perpétuellement : dans le cas présent, si les prix des matières premières ont chuté, alors la demande en profitera tôt ou tard pour repartir, et les prix remonteront jusqu’à permettre aux industriels d’investir à nouveau et d’accroître la production. La croissance économique pourra repartir.

Une remarque sur cette vision des choses. Si les économistes ont tendance à penser en termes de cycles, c’est que leur « science » est née petite sœur de la science physique, lorsque celle-ci obéissait à une approche « mécaniste », envisageant les phénomènes physiques comme des mécanismes indéfiniment reproductibles. C’était avant l’avènement de la thermodynamique, laquelle, par la découverte de l’entropie, a imposé au temps sa flèche irréversible.

La vision dominante de l’économie souffre de ce retard conceptuel congénital. Les économistes sont des horlogers newtoniens s’attardant à concevoir des mouvements perpétuels, lorsque les physiciens bannissent pareilles chimères depuis plus d’un siècle.

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Représentation d’une loi de microéconomie élémentaire montrant l’évolution de la demande d’un bien en fonction de son prix et des quantités demandées et offertes.

Pendant ce temps, les champs de pétrole s’épuisent.

La grave crise dans laquelle l’effondrement des prix du brut plonge l’industrie pétrolière mondiale promet (pas simplement à mes yeux, voir également ici ou encore ) d’avoir de graves conséquences sur le futur de l’économie de croissance toute entière. Les investissements dans les pétroles non-conventionnels et extrêmes (sables bitumineux canadiens, pétroles de schiste aux États-Unis, puits offshore ultra-profonds au Brésil, forages en Arctique), censés suppléer le pétrole conventionnel, sont à peu près à l’arrêt aujourd’hui. Après s’être relevée de ses cendres grâce à la fracturation hydraulique et aux pétroles de schiste, la production américaine d’or noir connaît de nouveau le déclin depuis le mois d’avril. Et si les cours ne remontent pas, le déficit d’investissements finira aussi par avoir un lourd impact sur les grands producteurs de pétrole conventionnel, dont beaucoup – Venezuela, Mexique, Algérie, Norvège, Indonésie, Gabon, etc. – se trouvaient déjà dans l’incapacité de maintenir leurs extractions lorsque le prix du baril planait à plus de cent dollars.

Sous forme de pétrodollars, l’or noir a remplacé le métal jaune

Malgré elle, l’industrie du pétrole (la première du monde) se trouve depuis dix ans engagée dans une course périlleuse sur un tapis roulant très vite en sens inverse. Ce tapis roulant, c’est le déclin dit « naturel » de nombre de régions pétrolifères plus ou moins anciennes. Afin, ne serait-ce que de maintenir la production mondiale de brut, les pétroliers doivent mettre en production l’équivalent de quatre nouvelles Arabie saoudite, soit rien de moins que la moitié de cette production mondiale… tous les dix ans ! Tôt ou tard, cela deviendra impossible, faute de réserves suffisantes techniquement exploitables de façon rentable.

Tel est le fond de la question du « pic pétrolier ». En bref, (1) si les investissements s’arrêtent aujourd’hui, la production chutera demain, et surtout (2) tenter de maintenir cette production deviendra de plus en plus coûteux, nécessairement. Pour quelle raison ? À cause d’un tropisme bien naturel : ce que n’est qu’une fois que l’on a cueilli les plus beaux fruits à portée de main que l’on se résout à risquer chaque année des dizaines de milliards de dollars pour aller forer au-delà du cercle polaire ou jusqu’à dix mille mètres sous la surface des flots, et pour fracturer les roches mères et excaver les sables bitumineux avec une intensité et sur des superficies toujours plus phénoménales.

Rappel : la chute des prix du pétrole, on l’a vu, n’est pas fondamentalement la conséquence du boom des pétroles de schiste, d’ailleurs aujourd’hui interrompu, mais le résultat d’un net fléchissement de la croissance. Un fléchissement (voire une récession) qui fait chuter les cours du brut, mais aussi ceux de la plupart des autres matières premières.

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Le siège de la Banque centrale des États-Unis (la FED), à Washington.

Le danger sur lequel je voudrais attirer l’attention est que l’activité économique globale pourrait d’ores et déjà ne plus être en mesure de générer suffisamment de richesses pour faire face à l’inflation écologiquement inévitable des coûts d’extraction de certaines matières premières essentielles, et du pétrole en tout premier lieu. La question des « limites à la croissance » que remet à l’ordre du jour la décélération de l’économie – que de nombreux économistes qualifient désormais de « stagnation séculaire », et qui remonte en fait aux chocs pétroliers des années soixante-dix – est une question de solvabilité de la demande face à des contraintes physiques et des coûts économiques d’extraction promis à s’élever sans cesse, et peut-être finalement inaccessibles si jamais ils s’accroissent trop rapidement par rapport aux revenus des consommateurs engendrés par la croissance.

Voici trois indices d’une telle éventualité :

- 1. Les majors occidentales du pétrole sont en déclin. Faute d’obtenir des retours suffisants sur leurs investissements, la plupart des grandes compagnies pétrolières occidentales ont décidé simultanément, début 2014, de réduire leurs investissements dans la production six mois avant la chute des cours du brut, alors même que le baril se maintenait depuis quatre ans au plus haut. À l’instar du groupe français Total, depuis le milieu des années 2000, ces pétroliers se sont en effet avérés incapables de maintenir leurs extractions de brut, en dépit d’un accroissement historique de leurs efforts d’investissement rendu possible par une envolée non moins historique du prix du baril. Encore une fois, avant la chute des cours, de la mer du Nord à l’Indonésie, c’est comme si ces firmes avaient déversé toujours davantage d’engrais pour n’obtenir que des récoltes de plus en plus médiocres...

- 2. Le pétrole russe est menacé de déclin. Par une dépêche laconique en 2014, toujours avant la chute des cours, le Kremlin mettait en garde contre une imminente chute « attendue » de la production russe d’or noir. Pourtant, à peu près n’importe quel projet pétrolier était alors finançable. La limite n’était pas économique, mais bel et bien naturelle, géologique. Depuis un siècle, les ressources pétrolières russes sont intensément exploitées. Plus vite on vide un verre, plus vite il se vide. Maintenant que la moitié de la valeur du baril s’est évaporée, tarissant l’investissement, de sérieux doutes pèsent sur la capacité de la Russie (un leader mondial du brut dont de nombreux puits atteignent des taux de déclin « naturels » de pas moins de 10 % par an) à empêcher la chute d’une production d’hydrocarbures dont l’Union européenne est le principal client…

- 3. Derrière le miracle des gaz et pétroles de schiste, la politique de la FED, la Banque centrale des États-Unis. Last but not least, la plupart des experts s’accordent à considérer que le boom du gaz et des pétroles de schiste n’aurait pas eu lieu sans la politique monétaire plus qu’accommodante mise en place par la FED, en réponse à la crise de 2008. Il se trouve que la chute des cours du baril coïncide aussi bien avec le début de retour à la normale décidé par la Banque à l’automne 2014, qu’avec le coup d’arrêt du boom des hydrocarbures de schiste. Les pétroles de schiste étaient jusqu’alors considérés comme la forme de pétrole non-conventionnel la plus prometteuse (car la moins chère) pour compenser le déclin de nombreuses importantes sources de pétrole conventionnel parvenues « à maturité ». La planche de salut est en fait une planche à billets, et elle s’avérerait pourrie si elle ne pouvait perdurer que dans le contexte de politiques monétaires exceptionnellement généreuses.

Dans l’[histoire du pétrole que j’ai écrite, j’inspecte les liens méconnus entre l’amorce décisive du déclin du pétrole conventionnel aux États-Unis en 1970, le choix de Washington de mettre fin en 1971 à l’étalon-or qui a marqué le début d’un règne absolu de « l’argent-dette », et enfin le premier choc pétrolier de 1973. Sous forme de pétrodollars, l’or noir a remplacé le métal jaune comme incarnation ultime et par excellence de la valeur économique. L’or, symbole immémorial de rareté, a été supplanté par un symbole trompeur d’abondance.

Subterfuges monétaires

La crise de 2008, dite crise des subprimes, a coïncidé avec l’atteinte du record absolu des cours du brut, et avec le plafonnement jugé depuis irrémédiable de la production mondiale de pétrole conventionnel (laquelle constitue 80 % de la production totale de carburants liquides). Malgré cela, rares sont ceux qui comme moi envisagent la possibilité que cette crise de 2008 ait pu être directement, non seulement un choc pétrolier, mais aussi et surtout la première crise économique de l’histoire engendrée par une limite écologique globale.

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Lingots typographiques, insérés dans une forme typographique à l’endroit des blancs (cadrat). Depuis les années 1970, l’étalon-or a été supprimé, remplacé dans sa fonction par le pétrodollar.

Les subterfuges monétaires mis en place en réponse à la crise de 2008 auraient dès lors servi à masquer l’avènement des premières limites à la croissance. Jusqu’à l’automne 2014 (c’est-à-dire jusqu’au début de la fin de la politique d’« assouplissement quantitatif » de la FED et jusqu’à la chute concomitante des cours du baril), ces subterfuges auraient permis au prix du pétrole de se maintenir au niveau très élevé nécessaire au financement du développement très coûteux de nouvelles sources de carburant, indispensable afin de compenser le déclin de quelques-unes des plus grandes zones traditionnelles de production de pétrole « facile ». Un niveau de prix insoutenable pour les consommateurs (comme ce fut le cas lors de la crise de 2008) en l’absence de ces subterfuges.

Si cette hypothèse est juste, l’issue est sombre : ce serait celle d’une grave déflation par la dette.

Certes, ces subterfuges peuvent encore durer, lorsque l’idée même de valeur économique telle qu’elle est incarnée par l’argent-dette est devenue pour le moins énigmatique (que signifie encore cette valeur une fois que sont apparus des taux d’intérêt négatifs ?) Mais le gonflement perpétuel de la dette que les tours de passe-passe monétaires encouragent risque d’atteindre un jour ou l’autre le point de rupture. Si cela se produit, la croissance mondiale ralentira fortement, les cours des matières premières chuteront encore davantage, la valeur des capitaux industriels s’effondrera en même temps que leurs productions. En particulier, il risque fort de devenir impossible d’empêcher le « déclin naturel » de la source d’énergie la plus nécessaire à nos sociétés thermo-industrielles.

Et si je me trompe, il me reste encore une chose à écrire : ceux qui croient l’écologie capable de transformer la politique doivent se pencher sur le lien consubstantiel qui unit production d’énergie et croissance de l’économie. Ne serait-ce que parce qu’une déflation par la dette, et tôt ou tard le déclin de la production de pétrole, rendraient très incertain le déploiement massif des produits industriels sophistiqués globaux qui constituent l’appareillage de transformation des sources renouvelables d’énergie. Il est douteux que quelque chose comme une « croissance verte » survive à la sortie de gré ou de force des énergies fossiles.


- Or noir. La grande histoire du pétrole, de Matthieu Auzanneau, La Découverte, 718 pages, 26 €.

- L’avis de Reporterre sur ce livre : Remarquable ! A lire sans hésiter. Vaut le meilleur roman de plage - mais l’histoire est vraie !




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Lire aussi : « Tout va s’effondrer. Alors... préparons la suite »

Source : Courriel à Reporterre

- Dans les tribunes, les auteurs expriment un point de vue propre, qui n’est pas nécessairement celui de la rédaction.
- Titre, chapô et inters sont de la rédaction.

Photos :
. Chapô :Flickr (Yann Gar/CC BY-SA 2.0)
. Portrait : France culture
. Chine : Flickr (BASF - We Create Chemistry/CC BY-NC-ND 2.0)
. Graphique : Wikipedia (CC BY 2.5)
. FED : Flickr (Stefan Fussan/CC BY-SA 2.0)
. Lingot : Flickr (
Frédéric Bisson/CC BY 2.0)

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