Le rorqual boréal est de retour en Argentine après des décennies de déclin
Le rorqual boréal mesure en moyenne 20 mètres de long. - Domaine public / Christin Khan, NOAA / NEFSC
Le rorqual boréal mesure en moyenne 20 mètres de long. - Domaine public / Christin Khan, NOAA / NEFSC
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On le croyait quasiment disparu. Mais, plus de 80 ans après son déclin, le rorqual boréal reprend ses droits au large de l’Argentine, selon Reuters. « Ils ont disparu parce qu’on les chassait, ils ne sont pas éteints mais leur nombre a tellement été réduit que personne ne les a vus », a expliqué Mariano Coscarella, biologiste et chercheur en écosystèmes marins au sein du Conseil national argentin de la recherche scientifique et technique (Conicet).
Le retour de ce géant gris-bleu, qui mesure en moyenne 20 mètres et pèse 45 tonnes, serait un effet tardif de la réglementation de la pêche industrielle à la baleine. Alors que les populations de cétacés avaient décliné gravement dans les années 1920 et 1930 en raison de la chasse à la baleine, les premières réglementations sont apparues. En 1931, une première convention, signée par vingt-deux pays, a permis un début de régulation de ce type de pêche. Il a toutefois fallu attendre 1986 pour obtenir un moratoire international sur cette chasse. Aujourd’hui, trois pays continuent de chasser les grosses baleines : la Norvège, l’Islande et le Japon.
Mariano Coscarella a confirmé qu’il a fallu des décennies pour que les baleines réapparaissent en nombre « visible ». « Les baleines se reproduisent tous les deux ou trois ans et il a donc fallu près de 100 ans pour qu’elles soient suffisamment nombreuses pour que l’on se rende compte de leur présence. » Pour le chercheur, il s’agit d’un succès en matière de conservation à l’échelle mondiale et le moratoire international était essentiel à la réapparition des cétacés.
« D’après la taille et les observations comportementales, nous avons une bonne présence d’animaux juvéniles, mais nous ne voyons ni bébés ni reproduction. Nous supposons qu’il s’agit plutôt d’une zone d’alimentation pour le rorqual boréal », a détaillé Mariano Coscarella. Cette espèce se nourrirait principalement de homards, mais aussi de certains poissons et probablement de très petits crustacés. En avril dernier, l’équipe du Conicet a posé des traceurs satellites sur des rorquals boréals afin de cartographier leur migration.