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En brefArmée

Le salon mondial de l’armement en plein « greenwashing »

Le président Emmanuel Macron à l'ouverture du salon Eurosatory de Villepinte, le 13 juin 2022.

Alors qu’une vague de chaleur précoce déferle sur la France, l’un des plus grands salons de l’armement au monde, Eurosatory, se tient du 13 au 17 juin au nord de Paris, au parc des expositions de Villepinte. Si ces deux actualités peuvent sembler éloignées, deux associations n’ont pas hésité à établir un lien entre elles.

« La guerre, l’industrie et le commerce de l’armement ont un impact considérable sur l’environnement », ont ainsi dénoncé en conférence de presse, le 15 juin, Stop Fuelling War (Cessez d’alimenter la guerre) et Le Mouvement de la paix. Interdites de rassemblement devant le parc des expositions, en raison d’un arrêté préfectoral, les deux associations ont organisé un rassemblement place de la République à Paris, afin de sensibiliser les passants.

« Un avion Rafale consomme entre 2 000 et 6 000 litres au cent [kilomètres] », a souligné Alice Privey, chargée de recherche pour Stop Fuelling War. Et les dégâts environnementaux surviennent à toutes les étapes de la production d’armes, a pointé l’association, des essais de démonstration à la reconstruction des bâtiments après-guerre, en passant par la pollution chimique induite par les bombardements. « En Ukraine, pays très industrialisé et vivier important de biodiversité, on sait qu’il y a un début de pollution des sols et des rivières, même s’il n’est pas encore possible de quantifier les dégâts », a rappelé Alice Privey.

Au salon Eurosatory de Villepinte, le changement climatique est pourtant présent dans le discours des organisateurs. Le commissaire général du salon a par exemple insisté sur « l’impérieuse nécessité de la prise en compte du réchauffement climatique », dans le dossier de presse. Une conférence a même été organisée sur le thème « Changement climatique : quels défis pour l’industrie de défense européenne ? ».

Pour Stop Fuelling War et Le Mouvement de la paix, il s’agit d’une opération de « greenwashing ». Il faut au contraire diminuer les dépenses militaires et « rediriger les fonds vers la sécurité humaine, c’est-à-dire alimentaire, sanitaire et environnementale ». Selon les associations « le coût de la transition vers une énergie durable et renouvelable pour l’avenir coûterait environ 4 500 milliards de dollars [environ 4 300 milliards d’euros], alors que les États-Unis ont dépensé environ 6 400 milliards de dollars en guerre depuis 2001 ».

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