Guerre au Moyen-Orient : les aéroports seront-ils en pénurie de kérosène ?
Un avion de ligne (illustration). - © P-O. C. / Reporterre
Un avion de ligne (illustration). - © P-O. C. / Reporterre
Durée de lecture : 2 minutes
Et si les avions n’avaient plus assez de carburant pour décoller ? La fermeture du détroit d’Ormuz laisse planer l’hypothèse d’une pénurie de kérosène. L’Europe en importe la moitié depuis les pays de Golfe, et l’Asie en est encore plus dépendante.
Mais à quel moment les stocks de carburant seront-ils si bas qu’il faudra annuler des vols ? « La situation peut, dans les trois, quatre semaines à venir, devenir systémique, a indiqué un économiste du cabinet Rystad Energy, Claudio Galimberti, mardi sur la chaîne étasunienne CNBC. Donc on peut avoir des réductions drastiques des vols en Europe, dès mai et juin. »
Le même jour, la porte-parole de la Commission européenne Anna-Kaisa Itkonen a déclaré qu’il n’y a pas, à l’heure actuelle, de pénuries de carburants dans l’Union européenne, mais que « des problèmes d’approvisionnement pourraient survenir dans un avenir proche, en particulier pour les carburants d’avions ».
« Ce ne sera pas une affaire de paralysie complète, mais d’annulations partielles »
Le 9 avril, le Conseil international des aéroports d’Europe écrivait à la Commission européenne que les pénuries commenceraient dans « trois semaines », à savoir début mai, si la circulation des pétroliers dans le détroit d’Ormuz n’avait pas repris d’ici là. Le président de l’Agence internationale de l’énergie, Fatih Birol, a également parlé de « début mai ».
Dans son rapport mensuel d’avril sur le pétrole, l’AIE a cependant évoqué une échéance moins proche : « Si le marché mondial du kérosène se resserre encore et que les marchés européens ne parviennent pas à trouver plus de 50 % des volumes venus du Moyen-Orient qu’ils ont perdus, alors les stocks descendront sous le seuil critique de 23 jours en juin », écrit-elle.
Les pays seront touchés différemment, en fonction des réserves de kérosène dont ils disposent. L’effet sera également différent en fonction de la taille et la position des aéroports.« Ce ne sera pas une affaire de paralysie complète, mais d’annulations partielles pour certaines compagnies, certains aéroports », a expliqué à l’AFP l’économiste de la banque ING spécialiste des transports Rico Luman.