Les Caraïbes ont perdu la moitié de leurs coraux durs en 50 ans
Wikimedia / CC BY-SA 4.0 / Matthew T Rader - Des coraux scléractiniaires, du genre Acropora, dont les espèces sont endémiques aux eaux caribéennes.
Wikimedia / CC BY-SA 4.0 / Matthew T Rader - Des coraux scléractiniaires, du genre Acropora, dont les espèces sont endémiques aux eaux caribéennes.
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C’est une hécatombe. Dans les Caraïbes, la couverture en coraux durs s’est effondrée de 48 % entre 1980 et 2024, d’après un rapport du Global coral reef monitoring network — un réseau international de surveillance des récifs coralliens — publié le 9 décembre. Les coraux durs occupent désormais la moitié de l’espace sous-marin qu’ils occupaient il y a moins de cinquante ans.
Ce déclin est en lien avec l’augmentation dramatique de la température moyenne de la surface de la mer dans la région sous l’effet du changement climatique : entre 1985 et 2024, elle a augmenté de +1,07 °C, soit un rythme de +0,27 °C par décennie.
Rien qu’en 2023, la couverture corallienne a diminué de près de 17 %, en raison d’un épisode de blanchissement massif provoqué par le stress thermique. Le corail est un superorganisme animal, composé d’individus (« polypes ») solitaires ou regroupés sous forme de colonie. Ces polypes vivent en symbiose avec des algues microscopiques, les zooxanthelles. Ce sont elles qui leur apportent les éléments nutritifs dont ils ont besoin pour vivre, via la photosynthèse, et lui donnent sa couleur. Lorsque la température de l’eau augmente, les polypes expulsent les zooxanthelles, ce qui provoque le blanchissement du corail.
Les experts notent également que la « complexité structurelle » des récifs caribéens a diminué : les espèces « ramifiées » ont globalement laissé la place à des espèces plus massives. Les macroalgues, elles, ont également étendu leur empire : entre 1980 et 2024, leur couverture a augmenté de 85 %, en raison notamment du déclin des espèces herbivores (comme les poissons-perroquets et les oursins) qui les consomment d’ordinaire.
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Les récifs coralliens des Caraïbes couvrent 24 230 km², soit 9,7 % de la superficie totale des récifs coralliens dans le monde. Leur déclin massif est loin d’être isolé. Entre août 2024 et mai 2025, la Grande Barrière de corail — plus grande structure vivante au monde — a connu « le plus important déclin annuel » de sa couverture depuis le début des observations, il y a près de quarante ans. C’est la deuxième fois en dix ans que le récif subit un blanchissement massif pendant deux années consécutives.
Selon un récent rapport co-écrit par 160 scientifiques, le point de bascule moyen des coraux se situerait autour de 1,2 °C de réchauffement global — et aurait donc déjà été franchi. Près de 1 milliard de personnes et un quart de la vie marine dépendent de ces écosystèmes.