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En bref — Pollutions

Les écoliers d’Île-de-France respirent un air dangereusement pollué

Une salle de classe, en Île-de-France. Avril 2020.

Les petits Franciliens respirent un air dangereusement vicié. C’est ce que montre une nouvelle étude de l’association Respire, publiée le 15 février. Selon cette étude, l’ensemble des 12 000 établissements scolaires de la région Île-de-France dépassent les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en matière de pollution aux particules fines (PM2,5). 93 % d’entre eux dépassent celles relatives au dioxyde d’azote (NO2).

Malgré une amélioration globale des niveaux de pollution sur l’ensemble des polluants depuis six ans, et notamment de la pollution aux particules PM10 (légèrement plus grosses que les PM2,5), les poumons des enfants continuent de se gorger de composés chimiques toxiques. La situation est particulièrement inquiétante à Paris, dont l’air est saturé de dioxyde d’azote : seul un établissement (sur 346) ne souffre pas d’un air classé comme « mauvais » ou « très préoccupant ». La pollution aux particules fines PM2,5 est également plus intense à Paris et au sein de la petite couronne (Val-de-Marne, Seine-Saint-Denis, Hauts-de-Seine) que dans la grande couronne (Yvelines, Seine-et-Marne et Essonne).

Malgré une amélioration globale des niveaux de pollution, les seuils dépassent les recommandations.

« L’urgence sanitaire est réelle », a déclaré dans un communiqué Tony Renucci, le directeur général de Respire, avant d’appeler les décideurs politiques à « donner un cap politique clair » pour diminuer drastiquement la pollution de l’air. L’association formule plusieurs recommandations : établir un plan d’action national pour améliorer la qualité de l’air et réduire le trafic routier aux abords des établissements scolaires, mais également renforcer les politiques de réduction des émissions de particules fines liées au chauffage urbain ainsi qu’aux activités agricoles et industrielles. Elle suggère également de généraliser l’usage des capteurs de CO2 et des purificateurs d’air afin de favoriser son renouvellement.

Selon l’OMS, 90 % des enfants de la planète respirent un air toxique. Les conséquences sont graves : un récent rapport de l’Unicef et de Respire mettait notamment en lumière les liens entre pollution de l’air et asthme. Respirer un air méphitique peut également favoriser les maladies mentales et neurologiques, provoquer des troubles cognitifs, et augmenter le risque de naissance prématurée. Les enfants pauvres y sont particulièrement vulnérables.

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