Les émissions de méthane montent en flèche, menaçant d’anéantir les efforts climatiques
Les émissions de méthane sont notamment générées par le secteur de l’élevage, les bovins émettant du méthane lors de leur digestion. - Pexels/CC/Yan Krukau
Les émissions de méthane sont notamment générées par le secteur de l’élevage, les bovins émettant du méthane lors de leur digestion. - Pexels/CC/Yan Krukau
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Les émissions mondiales de méthane ont augmenté plus rapidement que jamais au cours des cinq dernières années, selon des données publiées le 10 septembre dans la revue scientifique Earth System Science Data. Ces données ont été obtenues dans le cadre du Global Carbon Project, une initiative portée par l’écologue Rob Jackson, de l’université Stanford (États-Unis), qui traque les émissions de gaz à effet de serre mondiales.
Les concentrations atmosphériques de méthane sont aujourd’hui plus de 2,6 fois supérieures à celles de l’ère préindustrielle, soit le niveau le plus élevé depuis au moins 800 000 ans. Au cours des deux dernières décennies, les émissions annuelles de méthane ont augmenté de 20 %. Leur trajectoire suit actuellement celle du scénario d’émissions le plus extrême imaginé par les climatologues. Ce qui pourrait nous conduire à un réchauffement planétaire supérieur de 3 °C aux niveaux préindustriels d’ici la fin du siècle.
Cette tendance « ne peut continuer si nous voulons maintenir un climat habitable », écrivent les chercheurs à l’origine de ce jeu de données, dans un article analytique publié en parallèle dans la revue Environmental Research Letters.
Bovins, riziculture, combustibles fossiles...
Le méthane est un gaz à effet de serre très puissant. Il est environ 28 fois plus « réchauffant » que le CO2 par unité de poids, et peut persister dans l’atmosphère pendant environ douze ans après son émission. À l’état naturel, il est notamment émis dans les zones humides, via les micro-organismes anaérobies (c’est-à-dire qui vivent à l’abri de l’oxygène de l’air) résidant sous l’eau.
En 2020, 65 % des émissions de méthane étaient dues aux activités humaines. Elles sont notamment générées par le secteur de l’élevage — les bovins émettant du méthane lors de leur digestion —, la riziculture, les combustibles fossiles et la décomposition de la nourriture et des matières organiques dans les décharges.
En novembre 2021, une centaine de pays s’étaient engagés à réduire leurs émissions de méthane de 30 % (par rapport aux niveaux de 2020) d’ici 2030. À l’heure actuelle, cet objectif semble « aussi lointain qu’une oasis dans le désert », déplore Rob Jackson dans un communiqué.
« Seules l’Union européenne et, éventuellement, l’Australie semblent avoir réduit les émissions de méthane dues aux activités humaines au cours des deux dernières décennies », regrette dans un communiqué Marielle Saunois, enseignante-chercheuse à l’université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines et autrice principale de l’étude.