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Les paysans de Notre-Dame-des-Landes sont empêchés de travailler par l’agitation sur la Zad

Durée de lecture : 3 minutes

28 mai 2018

Mercredi 23 mai, des agriculteurs de la Zad de Notre-Dame-des-Landes et des aletours ont diffusé un communiqué alertant sur leurs difficultés à exercer leurs activités dans un contexte d’opérations militaires :

« Mercredi 23, en fin de journée, nous nous sommes retrouvés, une petite centaine de personnes de Copain 44, de comités de soutien du secteur, de l’Acipa, sur la D81, vers la Vache Rit, pour s’assurer que le camion du laitier pourrait accéder à la ferme d’Hervé Bézier, proche du carrefour de la Saulce.

C’était aussi l’occasion de faire le point sur les conditions de vie et d’activité sur la Zad aujourd’hui. Depuis que le gouvernement a entrepris les opérations d’expulsions destructions, les affrontements entre l’énorme dispositif policier et des opposants et leur soutiens ont pour effet de bloquer en permanence le cœur de la Zad. Les tranchées et les barricades quotidiennement reconstruites, mais aussi les centaines de policiers avec blindés, engins de chantier et contrôles et fouilles incessantes impactent directement la vie des habitants de la zone mais aussi de tous les habitants des communes voisines, depuis le 9 avril.

Pour les paysans anciens et nouveaux, c’est l’impossibilité de mener normalement les travaux de printemps. Pour les paysannes et paysans résistants historiques les plus impactés, Hervé Bésier, Brigitte, Sylvain et Justin Fresneau, Sylvie et Marcel Thébault, Joël Bizeul, la situation devient purement invivable : prairies piétinées et polluées par les gaz lacrymogènes ou autres, jonchées de débris de grenades, voire de restes de barricades ; barrières restées ouvertes ; clôtures coupées ou défoncées ; bêtes régulièrement sorties ; impossibilités d’accéder aux parcelles...

Pour tous, c’est quotidiennement négocier l’accessibilité de leur ferme pour les livraisons et la tournée du laitier ; composer avec le bruit permanent de l’hélico et des explosions et les contrôles incessants à chaque déplacement ; supporter les engins de chantier qui traversent les terres fraîchement semées et les parcelles prêtes à faucher ; l’affolement des bêtes, particulièrement des lots de génisses qui, pour la plupart, n’ont pas encore pu être sorties.

Hervé, dont le siège de la ferme et les parcelles sont les plus proches des points d’affrontements permanents, est limité sur les parcelles accessibles par ses vaches, n’a pas pu préparer ses semis de maïs, ne peut pas faire ses premières fauches et se retrouve sans stock fourrager.

Aux Domaines, la famille Fresneau, en plus des mêmes contraintes, est confrontées à un voisinage particulièrement agressif. Plusieurs personnes, promouvant un anti-spécisme radical, squattent la maison voisine de la ferme et les insultent régulièrement sur leurs pratiques professionnelles. Les clôtures sont tous les jours volontairement coupées et les bêtes poussées à l’extérieur. Ils sont confrontés quotidiennement à un radicalisme fascisant qui vise à imposer l’anti-spécisme sur l’ensemble du territoire, voire de la société toute entière. Depuis plusieurs jours, la maison qui avait été expulsée et murée à été réoccupée par les mêmes et leurs soutiens, qui construisent des chicanes et barricades sur la D81 pour, soit-disant, se protéger d’une expulsion et d’une destruction. Ils bloquent de ce fait tous les accès aux fermes.

Les paysannes et paysans historiques sont tous à bout de nerf et à la limite de craquer. Ils ont un besoin urgent de notre soutien à tous. Tout le monde s’accorde pour reconnaître que la situation est bien pire aujourd’hui qu’avant le 9 avril, et bien plus complexe que lors de la lutte contre le projet de transfert de l’aéroport. Toutes les composantes des opposants à l’aéroport unissent leurs efforts, chacun avec ses moyens, pour défendre un avenir désirable sur ce territoire où tout ce qui s’y vit de constructif puisse se pérenniser, mais il est fondamental que nous nous mobilisions tous pour protéger et soutenir nos collègues paysannes et paysans. »

  • Source : Copain 44 (courriel)



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