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En brefClimat

Les petits manchots meurent de la fonte de la banquise

Si la glace se brise trop tôt, les poussins partent en mer avant de développer leurs plumes imperméables.

Les poussins des colonies de manchots empereurs de l’Antarctique ont connu en 2023 un taux élevé de mortalité. C’est le constat d’une étude du British Antarctic Survey (BAS), publiée le 25 avril (en anglais), à l’occasion de la Journée mondiale des manchots.

Selon les chercheurs, la fonte trop précoce de la banquise en fin d’année a entraîné des échecs de reproduction dans un cinquième des colonies de manchots empereurs du continent. Depuis 2022, la superficie de la banquise en Antarctique atteint en effet des niveaux bas records, passant pour la première fois sous les 2 millions de km², d’après les enregistrements satellitaires (1979-2023).

Les poussins partent en mer sans leurs plumes imperméables

14 des 66 colonies répertoriées ont ainsi été affectées par la fonte précoce, ce qui correspond à des dizaines de milliers d’individus. Ces oiseaux se reproduisent et élèvent leurs petits sur la banquise côtière, stable et fermement attachée au rivage. Mais si la glace se brise trop tôt, les poussins partent en mer avant de développer leurs plumes imperméables. Cela conduit à une mortalité élevée, voire totale, des poussins au sein de la colonie, expliquent les auteurs de l’étude.

Toutefois, le constat n’est pas aussi grave que lors de la saison 2022, au cours de laquelle dix-neuf colonies, soit près de 30 %, avaient été décimées. Par ailleurs, les chercheurs relèvent que plusieurs colonies durement touchées en 2022 ont fait preuve d’adaptation : certaines ont déménagé pour trouver de la glace plus stable ; d’autres se sont reproduites sur des icebergs ou des plateformes de glace. « Le fait que nous observions ces adaptations dans les colonies les plus touchées nous donne un certain espoir que les oiseaux puissent réagir à leur environnement changeant et se déplacer pour trouver une glace plus stable », explique Peter Fretwell, l’un des auteurs de ces recherches.

Mais les prévisions restent très sombres pour l’avenir de cette espèce : si les émissions de gaz à effet de serre continuent d’augmenter aux niveaux actuels, la population de manchots empereurs diminuerait de 99 % d’ici la fin du siècle, conduisant à la quasi-extinction de cet oiseau emblématique du pôle Sud.

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