Les rendez-vous festifs, écolos et militants du mois d’août

Durée de lecture : 7 minutes

27 juillet 2019 / Lorène Lavocat (Reporterre)

Le mois d’août n’est pas uniquement consacré au farniente : de nombreux et beaux rassemblements vont se dérouler. Reporterre vous présente sa sélection. De quoi passer de joyeux moments tout en œuvrant à des lendemains radieux.

Rien de prévu pour votre mois d’août ? Nous avons des idées ! Que vous souhaitiez vous former, lutter, vous détendre, ou les trois « en même temps », voici le programme…

Se former aux mobilisations lors du Camp Climat

  • Du 31 juillet au 11 août à Kingersheim, en Alsace
    Pendant douze jours, 800 à 1.000 personnes sont attendues à Kingersheim (Haut-Rhin) en Alsace pour préparer les mobilisations de l’année prochaine. Formations à l’action non violente, à la stratégie de campagne ou à la « construction d’objets farfelus de manifestation », ateliers de yoga ou de communication non violente, tables rondes, projections de films, concerts… On pourra tout aussi bien participer à l’écriture de l’« Hymne du climat » qu’à une conférence sur l’effondrement, se délasser lors d’une sieste musicale ou assister à un spectacle de magie. Le Camp Climat coorganisé par Alternatiba, Les Amis de la Terre et ANV-COP21 entend « former une nouvelle génération militante ». Le tout en autogestion, avec compostage, électricité renouvelable fournie par Enercoop, et repas végétariens faits à partir de produits locaux.
    • Plus d’infos
    • Reporterre s’y rendra et vous racontera cet événement la dernière semaine d’août !
Camp climat d'Alternatiba, en 2017

Lutter en musique contre la poubelle nucléaire, aux Bure’lesques

  • Du 9 au 11 août à Hévilliers, en Meuse
    Les Bure’lesques, c’est le « festival de résistance contre le projet de poubelle atomique Cigéo », en Meuse. « Cigéo, ou projet d’enfouir 80.000 m3 de déchets nucléaires les plus dangereux à Bure, en Meuse/Haute-Marne, se prépare contre l’avis de milliers de personnes, depuis 30 ans exactement », peut-on lire sur le site du festival. Pour se donner du cœur à l’ouvrage, rien de mieux que trois jours de spectacles et de débats ! Aux Bure’lesques, on pourra « causer des tares de Cigéo, de l’absurdité du nucléaire mais aussi des luttes passées et à venir », mais aussi voir du cirque, du théâtre, des contes, des documentaires et de multiples concerts.

Se mobiliser contre le G7 au pays Basque

  • Du 19 au 23 août à Hendaye et Irun, au pays Basque
    Les chefs d’État des sept pays les plus riches de la planète se retrouveront à Biarritz du 24 au 26 août. La plateforme G7 EZ !, qui regroupe une multitude d’acteurs du pays Basque, ainsi qu’Alternatives G7, qui réunit un ensemble d’organisations nationales, se sont retrouvés autour d’un appel commun « contre le G7 et son monde » et un appel à mobilisation du 19 au 23 août.
    Leur contre-sommet se déroulera en quatre temps forts :
    • 19-20 août : montage du Village d’accueil des participants à Hendaye.
    • 21, 22, 23 août : contre-sommet, à Hendaye et Irun. Au total, 70 conférences, ateliers et activités culturelles axés sur sept thématiques centrales des luttes : écologie, féminisme, solidarité, diversité des peuples, décolonialisme, anti-autoritarisme…
    • 24 août : manifestation à Hendaye.
    • 25 août : actions et rassemblements pacifiques sur sept places autour de la zone d’exclusion du G7.
    À cette occasion, pour sa troisième édition, la semaine intergalactique de la Zad de Notre-Dame-des-Landes s’exporte à Biarritz. « Le bocage est toujours là, et nous ne l’abandonnerons pas, comme nous n’abandonnerons pas nos amitiés [les liens avec le pays Basque sont particulièrement forts] », peut-on lire sur le site zad.nadir. En amont, du 10 au 15 août, un chantier de construction d’une cabane en kit se tiendra sur la Zad, à l’Ambazada. « Cette petite Ambazada (l’Ambazadatxoa) traversera la France pour venir renforcer le contre-sommet et les blocages du G7 de Biarritz », précisent les habitants. Cinq jours de chantier afin de « partager des films et documents sur le pays Basque », d’« écrire des chants de voyage et de blocage », « pour que ce déplacement à Biarritz soit chargé de toute l’épaisseur des vies et des combats que nous menons ici. »
    • Plus d’infos : GZ EZ ! ; Alternatives G7 ; Zad.nadir.
    • Reporterre se rendra au contre-sommet du G7 et vous racontera cet événement la dernière semaine d’août !

Danser écolo

  • Partout en France, notamment en Bourgogne, en Anjou et en Picardie
    Comme tous les étés, les festivals se parent de couleur verte. Nous en avons retenu trois qui allient particulièrement fiesta et écologie.
    • Du 9 au 11 août, les « Utopies Festivales » mêlent musique, danse et réflexion dans le village de Pisy, en Bourgogne. Une journée d’échange sera consacrée au thème « la politique à l’échelle de la commune » avec, en invité, « des maires pas comme les autres qui ont entrepris et réussi des transformations écologiques ou politiques sur leur territoire ».
    • L’écofestival « l’Arbre qui marche », du 16 au 18 août à Segré-en-Anjou-Bleu, cherche à « créer des ponts entre culture et écologie » : ateliers, animations, concerts, le tout sans alcool « pour changer nos habitudes et ouvrir la voie à une participation plus active et consciente. »
    • Au même moment, plus au nord dans le village picard de Saint-Gobain, les « Vers solidaires » organisent leur quinzième édition, avec des concerts, un village alternatif, un espace dédié aux enfants. Comme tous les ans, une partie des bénéfices sera reversée à des projets de solidarité.

Gamberger et débattre de la transition

  • Partout en France, notamment en Cévennes, en Anjou et dans les Hautes-Alpes
    Quoi de mieux que les vacances pour réfléchir au monde de demain, et échauffer ses méninges à l’ombre d’un chapiteau ?
    • Du 9 au 11 août, le festival « Sans transition ? », à Saint-Lézin, à 30 km d’Angers, propose, pour sa première édition, de « mêler art et collapsologie ». Trois jours, « pour plonger ensemble dans les récits de l’effondrement, qu’ils soient artistiques, politiques ou pratiques ; y réfléchir, voire en rire, sans retenue et sans censure ; évoquer, collectivement, des préoccupations sérieuses sans se prendre au sérieux ».
    • En Cévennes, du 13 au 18 août, se tiendra l’événement « Terre de convergence ». 4.000 personnes sont attendues sur un terrain de loisirs, chevauchant les communes de Lézan et Massillargues-Attuech, dans le Gard, à côté d’Anduze. Outre des ateliers pratiques — installation solaire, toilettes sèches — ou culturels, « la rencontre permettra aux participants de repartir avec des clés pour être acteur de leur propre transition », via des forums ouverts, des tables rondes, des conférences. « Ces expertises partagées, sous forme de fiches pratiques, seront mises en communs grâce aux outils numériques collaboratifs et transmises aux politiques en leur proposant un accompagnement citoyen dans leurs réalisations », précisent les organisateurs.
    • Les 17 et 18 août, le collectif « Guillestrois en transition » organise sa première « Université d’été de la transition », dans les Hautes-Alpes. Quatre ateliers organisés sous forme participative permettront « grâce à des outils d’intelligence collective, de partager nos expériences et nos idées » sur la transition écologique et surtout : comment la faire.
Festival terres de convergence

S’évader tout en s’ancrant dans un territoire

  • Pas besoin de partir loin pour se changer la tête ! Tout au long du mois d’août, le festival de photographie Peuple et Nature de La Gacilly, dans le Morbihan. Cette année, le festival propose un focus sur la photo dans les pays de l’Europe de l’Est, ainsi qu’un zoom sur la protection de l’environnement : des travaux photographiques sur l’Arctique, les océans, le tourisme climatique seront notamment exposés. Autres rencontres de la photographie celles d’Arles, dans les Bouches-du-Rhône, mettent cette année en lumière plusieurs problématiques écologiques : les catastrophes naturelles, le café équitable, les jardins à travers le monde.
  • Du 25 au 30 juillet, au Caylar, sur le Larzac (Hérault), le festival du Roc-Castel fait l’éloge du voyage lent. « Ce festival a ainsi été imaginé en hommage à tous ceux qui ont choisi de voyager sans hâte pour privilégier la rencontre des autres et la découverte curieuse des pays qu’ils traversent, expliquent les organisateurs. Nous vous invitons donc à rencontrer des voyageurs singuliers, aventuriers aux grands défis ou arpenteurs des petits chemins, pour qui le trajet compte autant que la destination. »

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Source : Lorène Lavocat pour Reporterre

Photos :
. chapô : La deuxième journée de grève des jeunes pour le climat, vendredi 22 février, à Paris. © NnoMan pour Reporterre

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