Le quotidien du climat
OBJECTIF :
70 000 €
65220 € COLLECTÉS
93 %
Je fais un don

Les youtubeurs célèbres s’engagent contre le changement climatique

15 novembre 2018 / Alexandre-Reza Kokabi (Reporterre)

Lancée un mois après « Il est encore temps », « On est prêt » est la nouvelle campagne initiée par des youtubeurs pour agir contre les changements climatiques et environnementaux. En relevant des défis quotidiens pendant 30 jours, les vidéastes cherchent à montrer la voie à leurs communautés.

Au fil des trente prochains jours, 62 vidéastes web exploreront des manières de vivre et de consommer respectueuses du climat et de l’environnement. Dans la bande, Norman et Enjoy Phoenix sont les têtes d’affiche : ils pèsent respectivement 11 millions et 3,5 millions d’abonnés sur YouTube. Leurs chaînes représentent des moyens de diffusion de masse. À partir de ce jeudi 15 novembre, ils relèvent des défis quotidiens, articulés autour de la réduction des déchets, de la sobriété énergétique et d’une alimentation plus saine et locale.

« Évidemment, changer nos habitudes quotidiennes ne suffit pas à résoudre le problème de fond, mais ça permet au moins de retrouver du pouvoir vis-à-vis d’un défi climatique et environnemental qui semble nous dépasser, explique Elliot Lepers, co-initiateur de la campagne « On est prêt » et fondateur de l’application 90jours. Avec “On est prêt”, nous montrons qu’il est possible d’agir, nous créons des passerelles entre les solutions individuelles et les interpellations aux politiques et aux industriels, aux niveaux local et national. »

Pensé en complément de la campagne « Il est encore temps » — lancée le mois dernier sur les réseaux sociaux —, le mouvement « On est prêt » est incarné par des vidéastes plus célèbres et aux convictions écologiques a priori moins fortes. Mais pas que : ces vedettes seront épaulées par Le Professeur Feuillage, Nicolas Meyrieux ou encore L’Effet Chimpanzé, accoutumés aux enjeux écologiques.

« Ces différences entre les créateurs, leur pluralisme, ont un avantage immense : nous pouvons toucher plein de publics différents, estime Elliot Lepers. Nous avons besoin d’une diversité importante de porte-paroles pour incarner un récit collectif dans lequel tout le monde peut s’inscrire, à savoir la lutte contre les changements climatiques et environnementaux. Sur ces sujets, c’est l’occasion de faire monter en compétence toute une génération de créateurs qui sont, de fait, les personnes les plus écoutées par les moins de trente ans. »

« Avec de l’autodérision, je vais tenter de changer mon rapport à la consommation » 


Tristan, de L’Effet Chimpanzé, joue auprès de ses collègues un rôle de conseiller référent sur le véganisme et les conséquences de l’élevage sur l’environnement. À ses yeux, On est prêt constitue un moyen efficace de réduire la fracture culturelle entre les sciences du climat et les populations : « Les youtubeurs sont un peu le grand frère et la grande sœur qu’on a l’habitude de voir, d’écouter et qui, mine de rien, nous inspirent, pense-t-il. Rassemblés, ils pèsent des millions d’individus. Ça rendra le message très percutant. »

L’humoriste Swann Périssé et ses 300.000 abonnés sont aussi de l’aventure. Elle souhaite, à travers ce défi, « aller plus loin qu’émouvoir ou faire rire ma communauté, utiliser un peu de mon influence pour porter un message, avance la stand-upeuse. Pendant un mois, je vais éviter les supermarchés, soutenir les circuits courts, aller vers le zéro déchet… Je suis un peu la bobo ridicule : avec de l’autodérision, je vais tenter de changer mon rapport à la consommation, en faire des stories rigolotes et partager un peu tout ce qui me passe par la tête. Et puis, je vais certainement m’apercevoir que ce n’est pas si compliqué, et continuer d’être influencée par ces changements ! » souhaite-t-elle.

Placement de produits, vidéos « à tout va » dans l’avion… Tristan, de L’Effet Chimpanzé, espère que cette expérience invitera ses collègues à repenser certaines de leurs pratiques : « En leur donnant l’occasion d’adopter publiquement des habitudes écolos, ces personnes vont être forcées de suivre, par la suite, un principe de cohérence. À terme, leurs chaînes deviendront peut-être de moins en moins consuméristes, et de plus en plus responsables par rapport à tout ça. »

Dès aujourd’hui, les premiers récits vidéo de ces défis vont pouvoir être visionnés par les abonnés aux différentes chaînes. Vont-ils, à leur tour, s’en emparer ?



Puisque vous êtes ici…

… nous avons une faveur à vous demander. Il n’y a jamais eu autant de monde à lire Reporterre, mais nos revenus ne sont pourtant pas assurés.

Contrairement à une majorité de médias, nous n’affichons aucune publicité, et laissons tous nos articles en libre accès, afin qu’ils restent consultables par tous. Reporterre dépend en grande majorité des dons de ses lecteurs. Le journal, indépendant et à but non lucratif, compte une équipe de journalistes professionnels rémunérés, nécessaire à la production quotidienne d’un contenu de qualité. Nous le faisons car nous croyons que notre point de vue, celui de l’environnement et de l’écologie, compte — car il est aussi peut-être le vôtre.

Notre société a besoin d’un média qui traite des problématiques environnementales de façon objective, libre et indépendante, en restant accessible au plus grand nombre ; soutenir Reporterre est ma manière de contribuer à cette démarche. » Renan G.

Si toutes les personnes qui lisent et apprécient nos articles contribuent financièrement, la vie du journal sera pérennisée. Même pour 1 €, vous pouvez soutenir Reporterre — et cela ne prend qu’une minute. Merci.

Soutenir Reporterre



Vous avez aimé cet article ? Soutenez Reporterre.

Lire aussi : Ces youtubeurs qui parlent d’écologie au plus grand nombre

Source : Alexandre-Reza Kokabi pour Reporterre

Photos : captures de la vidéo « On est prêt » sur Youtube

DOSSIER    Informatique et internet

THEMATIQUE    Climat
14 décembre 2018
COP24 : la négociation finale s’annonce difficile et décevante
Reportage
15 décembre 2018
À Paris, les activistes du climat ont ciblé la Société générale, banque fossile
Reportage
15 décembre 2018
L’escargot ne manque pas de prédateurs
Chronique


Vous avez aimé cet article ? Soutenez Reporterre

Dans les mêmes dossiers       Informatique et internet



Sur les mêmes thèmes       Climat





Du même auteur       Alexandre-Reza Kokabi (Reporterre)