« Maladie de la langue bleue » : les troupeaux du Nord aussi touchés
Une agnelle touchée par la fièvre catarrhale ovine dans un troupeau de l’Ariège, début août 2024. - © Emmanuel Clévenot / Reporterre
Une agnelle touchée par la fièvre catarrhale ovine dans un troupeau de l’Ariège, début août 2024. - © Emmanuel Clévenot / Reporterre
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La menace planait depuis quelques jours. Le 7 août, un mouton a été testé positif à la fièvre catarrhale ovine dans le département du Nord. Baptisée « maladie de la langue bleue », en raison des cyanoses qu’elle provoque, elle sévissait déjà dès la fin juillet dans certains élevages de Belgique. Pour tenter d’empêcher la dissémination du virus, transmis par un moucheron piqueur et potentiellement mortel chez les ruminants, la France avait établi une zone régulée autour des foyers belges. Dans un périmètre de 150 kilomètres, les mouvements de bovins et d’ovins y étaient ainsi limités.
Seulement, les virus ne s’arrêtent pas aux frontières. Dès le 8 août, au moins vingt-deux suspicions supplémentaires ont été recensées dans le département. Les éleveurs craignent que l’expansion de ce sérotype 3 ne devienne incontrôlable, comme en Occitanie. Là-bas, le sérotype 8 décime les troupeaux depuis la mi-juillet : « À ce stade, nous avons d’ores et déjà 4 000 brebis mortes [en Ariège, dans l’Aude et les Pyrénées-Orientales], assure à Ouest-France Myriam Cormary, directrice d’une chambre d’agriculture. Et on pense atteindre les 6 000 d’ici la fin du mois. »
Pour empêcher la propagation, le ministère de l’Agriculture a mis gratuitement à disposition 600 000 doses de vaccin pour les éleveurs de la zone réglementée. Un soutien que le cabinet de Marc Fesneau refuse pourtant d’accorder aux paysans du sud de la France. Le 3 août, Andréa, bergère ariégeoise, avait perdu 40 % de son cheptel : « J’ai beau m’acharner, elles meurent les unes après les autres. Je suis écœurée », confiait-elle à Reporterre.