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En bref — Pesticides

Malgré le moratoire européen, l’utilisation des néonicotinoïdes a augmenté

Jeudi 26 mai, l’Union nationale des apiculteurs français (Unaf) a dévoilé des statistiques alarmantes quant à l’utilisation des insecticides néonicotinoïdes, très toxiques pour les insectes pollinisateurs comme les abeilles.

L’usage des cinq principaux néonicotinoïdes utilisés a ainsi augmenté de 31 % entre 2013 et 2014. Et ce, malgré l’entrée en vigueur en 2013 d’une interdiction européenne partielle sur trois substances (le thiaméthoxam, l’imidaclopride et la clothianidine) et sur certains usages comme les traitements de semences du tournesol, du maïs ou du colza.

Comment expliquer une telle explosion ? « Le moratoire européen est très incomplet, explique Henri Clément, apiculteur cévenol et porte-parole du syndicat, joint par Reporterre. Il ne concerne que certaines cultures, certaines molécules et certains usages ». Ainsi, l’usage des néonicotinoïdes a fortement augmenté pour le blé ou la betterave.

Les molécules non concernées par le moratoire, comme le thiaclopride, ont été massivement utilisées, en substitution des autres. Par exemple, les maïs Cruiser (thiaméthoxam) et Cheyenne (clothianidine) ont été interdits et remplacés par le maïs Sonido (thiaclopride). Et Henri Clément de conclure : « Il y a des moyens pour contourner les interdictions de certains usages des néonicotinoïdes  ».

Dans un communiqué, le président de l’Unaf Gilles Lanio exprime ainsi son inquiétude et sa colère : « C’est gravissime. Comment espérer retrouver des abeilles en bonne santé dans ces conditions ? Les apiculteurs font le constat amer de l’inefficacité d’une interdiction partielle sur la réduction des volumes de vente des néonicotinoïdes. Il faut donc se rendre à l’évidence et interdire totalement et définitivement ces produits. »

L’Unaf espère ainsi que les députés voteront une interdiction totale de ces substances lors de la troisième lecture de la loi Biodiversité, à partir du 3 juin.

-  Source  : Reporterre.

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