Malgré les conclusions du débat public, l’Andra continue le projet Cigeo

Durée de lecture : 3 minutes

7 mai 2014 / Réseau Sortir du nucléaire

Le 6 mai, l’Agence nationale de gestion des déchets radioactifs a annoncé qu’elle poursuivait le projet Cigeo sous forme d’une « phase pilote ». Or, le débat public avait conclu en février qu’il fallait attendre. Pour les opposants, l’Andra use d’un stratagème qui ne répond pas aux nombreuses failles du projet.


L’Andra vient de communiquer ses conclusions sur les suites à donner au « débat public » organisé autour du projet Cigéo. Malgré de lourdes critiques, le projet d’enfouissement en profondeur des déchets radioactifs les plus dangereux est maintenu, sous couvert de mise en place d’une « phase industrielle pilote ». Ce stratagème pour imposer le projet par petits bouts est inacceptable et ne fera pas disparaître les problèmes posés par Cigéo.

Une « phase pilote » pour imposer le projet par petits bouts

Pour ne pas perdre la face suite aux nombreuses critiques exprimées pendant le temps du débat, l’Andra propose de mettre en œuvre le projet Cigéo… par petits bouts : calendrier décalé, demande d’autorisation en deux temps et surtout, intégration d’une « phase industrielle pilote ».

Sous couvert de « réversibilité », cette manière de procéder revient en fait à imposer par petit bout l’ensemble du projet Cigéo, en continuant à mettre en place l’ensemble des infrastructures. Il n’existe aucune garantie que les déchets stockés à titre expérimental pourront être effectivement récupérés. Les habitants de la région, qui ont déjà vu le « laboratoire » de Bure se transformer en « Centre industriel de stockage géologique », risquent une nouvelle fois de se retrouver devant le fait accompli.

Le « pilote » : un leurre pour détourner l’attention des graves défauts de Cigéo

Surtout, les propositions de l’Andra font figure de leurre pour détourner l’attention des graves problèmes mis en exergue pendant le temps du débat. Flou sur l’étendue du projet Cigéo, ses coûts, ainsi que sur l’inventaire des déchets qui y seraient destinés et leur conditionnement, critiques fondées des voisins allemands et luxembourgeois, risques d’incendie ou d’explosion d’hydrogène, problèmes éthiques évidents : aucune « phase pilote » ne pourra faire disparaître ces enjeux ! Par ailleurs, les récents problèmes survenus sur un site similaire au Nouveau-Mexique ont depuis confirmé que l’enfouissement était une option à bannir.

La « phase pilote » ne fera pas plus disparaître les mensonges de l’Andra, ni le potentiel géothermique situé sous le site de Bure et qui devrait notamment interdire tout projet d’enfouissement de déchets radioactifs !

Les seules conclusions qui auraient dû être tirées du débat sont les suivantes : abandonner définitivement le projet Cigéo, en commençant par le retirer de la loi de transition énergétique, arrêter de s’entêter dans l’impasse de l’enfouissement des déchets radioactifs, cesser de transformer la Meuse en une monoculture de l’industrie nucléaire et programmer dès maintenant l’arrêt de la production de déchets radioactifs. Ce ne sont pas les déchets qu’il faut enfouir, mais bien le projet Cigéo !


Complément d’analyse : Le compte-rendu de la démarche de l’Andra par Actu-Environnement.



Source : Réseau Sortir du nucléaire

Photo : Hervé Kempf.

Lire aussi : Déchets nucléaires : le projet Cigeo doit attendre, conclut le débat public.

DOSSIER    Déchets nucléaires

THEMATIQUE    Énergie
27 juillet 2019
Quand une coopérative ouvrière relance la culture locale du tilleul
Alternative
9 juillet 2019
À Marseille, les quartiers nord ont aussi droit aux légumes bios
Reportage
25 juillet 2019
Aux Rencontres de la photographie d’Arles, les murs séparent, la nature relie
À découvrir


Dans les mêmes dossiers       Déchets nucléaires



Sur les mêmes thèmes       Énergie





Du même auteur       Réseau Sortir du nucléaire