Mégabassines : les agriculteurs bénéficiaires ne respectent pas leurs engagements écolos
Le chantier de la mégabassine de Mauzé-sur-le-Mignon avait été envahi en septembre 2021, avant son remplissage et sa mise en service. - © Bassines non merci via X(ex-twitter)
Le chantier de la mégabassine de Mauzé-sur-le-Mignon avait été envahi en septembre 2021, avant son remplissage et sa mise en service. - © Bassines non merci via X(ex-twitter)
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C’est un argument phare des partisans des mégabassines qui vient de s’écrouler. Dans un rapport publié le 12 décembre, l’Agence de l’eau Loire-Bretagne dresse un bilan très critique de la première « retenue de substitution » en activité, parmi les seize prévues sur le bassin de la Sèvre niortaise. La mégabassine de Mauzé-sur-le-Mignon, en service depuis février 2022, fait l’objet d’un protocole d’accord dans lequel les irrigants qui y sont raccordés s’engageaient à une transition vers des pratiques agroécologiques.
Mais les objectifs affichés sont jugés « peu ambitieux ». « Ce manque d’ambition est un signal très négatif alors que la mise en œuvre [du protocole] ne fait que démarrer et que la réalité de l’évolution des pratiques agricoles est très contesté », alerte l’Agence. Les rares actions menées par les agriculteurs sont celles qui demandent « peu d’efforts supplémentaires ». La réduction de l’usage des pesticides notamment, cruciale pour « pour protéger les ressources utilisées pour l’eau potable et la biodiversité » nécessiterait une « inflexion radicale », irréaliste en l’état, déplore le rapport.
Des engagements non-respectés
« Il serait regrettable que les fonds publics et les efforts engagés ne puissent pas porter les fruits qu’on attend d’eux », écrit encore l’Agence de l’eau. Selon Mediapart, celle-ci cofinance le programme à hauteur de 7,5 millions d’euros.
Sur l’ensemble des neuf exploitations concernées par la réserve de Mauzé-sur-le-Mignon, aucune n’a réellement engagé de transition vers l’agroécologie. Pour la mégabassine encore en cours de construction à Sainte-Soline, emblème de l’opposition à « l’accaparement de l’eau », vingt-deux des vingt-six irrigants n’ont pas non plus entamé de transition, relève encore Mediapart. Au total, sur les cinquante-six fermes diagnostiquées dans le périmètre des seize mégabassines, 85 % n’ont lancé aucune mesure de transition.