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« Nos sociétés sont post-démocratiques »

27 octobre 2015 / Entretien avec Chantal Mouffe



Chantal Mouffe est une intellectuelle peu connue en France, mais pourtant très influente à l’étranger, où elle travaille. Elle a notamment inspiré le renouveau de la gauche radicale et des mouvements comme Podemos. Entretien exclusif avec Reporterre

Bien qu’elle soit francophone, Chantal Mouffe est encore peu connue en France. Il est vrai que cette philosophe politique belge a choisi de travailler en Angleterrre, où elle a théorisé une gauche "post-marxiste". Son ouvrage fondateur est Hégémonie et stratégie socialiste, co-écrit avec Ernesto Laclau (publié en français aux éditions Solitaires intempestifs). Ses analyses ont notamment inspiré les porte-paroles du parti espagnol Podemos. On y retrouve le concept de « post-démocratie ». Voici le moment d’un entretien avec elle réalisé par Eduardo Febbro, en exclusivité pour Reporterre.

Voir la vidéo de l’entretien avec Chantal Mouffe

« Notre proposition fondamentale est de repenser le socialisme en termes de radicalisation de la démocratie. (…) Aujourd’hui, il faut d’abord récupérer la démocratie. Nos sociétés sont post-démocratiques : elles continuent à se présenter comme démocratiques, il y a toujours des institutions, mais en fait, la plupart des décisions importantes sont prises en-dehors du Parlement (…). Il faut un double mouvement, maintenant : récupérer la démocratie, et la radicaliser. De ce point de vue, on est dans une situation qui est plus grave qu’il y a trente ans.

On ne peut pas parler d’émergence de gauche radicale, parce que cette gauche radicale a toujours existé (…) . Ce qui est nouveau, avec des mouvements comme Podemos ou Syriza, c’est du populisme de gauche (…). C’est différent de la gauche radicale, qui voulait la révolution, et en finir avec le système démocratique libéral (…) Tant Podemos que Syriza ne rejettent pas la démocratie représentative, mais ils veulent transformer les rapports de pouvoir de façon fondamentale, ils veulent en finir avec l’hégémonie du néo-libéralisme par les moyens de la lutte démocratique, en investissant l’Etat pour le transformer.

On nous dit qu’il n’y a pas d’alternative à l’ordre néo-libéral. (…) Mais on peut imaginer une contre-hégémonie, il y a toujours des alternatives. »




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Source : Eduardo Febbro pour Reporterre

Photo : Place de la Concorde, à Paris (© Hervé Kempf/Reporterre).

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