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Politique

Nucléaire : les bonnes affaires de Macron au Brésil

Emmanuel Macron et le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva à Brasilia (Brésil), le 28 mars 2024.

D’importants partenariats énergétiques ont été noués par Macron et Lula, lors de la visite du président français au Brésil. La France lorgne sur l’uranium brésilien, ressource abondante et encore peu exploitée.

Rio de Janeiro (Brésil), correspondance

Entre le plan d’investissement de 1 milliard d’euros pour la protection de l’Amazonie et la Légion d’honneur attribuée au cacique Raoni, figure de la lutte contre la déforestation et de la protection des peuples indigènes, Emmanuel Macron a profité de son voyage au Brésil, du 26 au 28 mars, pour soigner son image écologique, après avoir pourtant soigneusement évité les revendications des autochtones de Guyane quelques jours plus tôt.

Mais derrière les photos avec le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva, la visite en terres brésiliennes a également été l’occasion de conclure de juteux contrats énergétiques, notamment dans le domaine de l’uranium. Avec 280 millions de tonnes du minerai enfouies dans ses sols, le Brésil dispose de la huitième plus grande réserve d’uranium au monde, voire de la cinquième selon des experts.

Selon les informations de CNN Brasil, l’accord, qui n’est pas encore officialisé, prévoit une collaboration entre les services géologiques brésilien et français pour la recherche et l’exploitation du minerai. En décembre dernier, l’ambassadeur français Emmanuel Lenain avait déjà signé un accord de principe sur un investissement de 3 milliards d’euros dans le programme nucléaire brésilien, en échange de la concession de l’exploitation d’uranium à Orano (ex-Areva). L’accord avait été établi avec Júlio Lopes, député responsable des questions nucléaires au Congrès brésilien. Actuellement, le Brésil n’exploite qu’une seule mine d’uranium, localisée dans l’État de Bahia, dans le nord-est du pays, produisant environ 400 tonnes par an.

Centrales et sous-marins nucléaires

La France investira également pour permettre le partage de connaissances ainsi que la transformation de l’uranium sur le sol brésilien. En parallèle, l’entreprise française Framatome a également renouvelé son engagement à rénover la centrale nucléaire brésilienne Angra 1, ainsi que sa participation dans la construction d’une nouvelle centrale, Angra 3, en travaux depuis plus de dix ans et annoncée opérationnelle pour 2028. Cette dernière doit pouvoir alimenter 4,5 millions de foyers brésiliens en électricité.

De son côté, le Brésil pousse également pour que la France augmente sa participation dans la construction et le transfert de technologies dans le programme de construction de sous-marins Prosub. Conclu en 2008, l’accord prévoit la construction de quatre sous-marins conventionnels, ainsi qu’un engin à propulsion nucléaire. Jusqu’ici, la France s’est montrée réticente à s’impliquer directement dans la partie nucléaire du sous-marin, en raison des accords de non-prolifération.

Emmanuel Macron et le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva à Brasilia (Brésil), le 28 mars 2024. © Mateus Bonomi / Anadolu / Anadolu via AFP

L’intérêt de la France pour l’uranium brésilien n’a rien de nouveau : dès les années 1960, le général de Gaulle traversait l’Atlantique dans l’espoir de conclure un accord — sans succès. Mais le coup d’État au Niger, premier fournisseur d’uranium de la France ayant basculé dans la sphère d’influence russe depuis juillet 2023, a incité Paris à se mettre en recherche de nouveaux fournisseurs.

L’annonce de l’accord avec le Brésil intervient également alors que le 28 mars, le ministère délégué à l’Industrie et à l’Énergie indiquait envisager « sérieusement » de construire un site de conversion et d’enrichissement d’uranium de retraitement en France. La Russie est actuellement le seul pays disposant d’une telle usine, convertissant de l’uranium destiné à être réutilisé dans des centrales nucléaires. Malgré l’invasion russe en Ukraine, les livraisons d’uranium entre la Russie et la France étaient toujours en cours, dénonçait l’ONG Greenpeace en 2023.

Contactés, ni les responsables français ni les officiels brésiliens n’ont répondu à nos questions.

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