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Uranium de retraitement : bientôt une usine française pour se passer de la Russie ?

L'usine pourrait être installée sur le site de la centrale nucléaire du Tricastin (Drôme), ici en novembre 2017.

Bientôt une usine de conversion de l’uranium issu du retraitement en France ? Le 28 mars, Jean-Michel Quilichini, directeur de la division combustible nucléaire chez EDF, a confirmé que des discussions étaient en cours avec les groupes nucléaires français Orano et étasunien Westinghouse pour la création d’un tel équipement.

« Nous savons opérer une usine de conversion, nous savons où nous pourrions mettre une telle installation sur le site de Tricastin (Drôme), mais cela aurait un coût et demanderait du temps », a complété le directeur de la business unit chimie-enrichissement, évoquant un chantier d’une dizaine d’années. Le ministère délégué à l’industrie a lui aussi indiqué que cette possibilité était « sérieusement » évoquée.

L’uranium issu du retraitement (URT) est une des matières nucléaires issues du retraitement des combustibles usés effectué à l’usine Orano de La Hague (Manche). La France en détient quelque 25 000 tonnes, entreposées à Pierrelatte (Drôme). Mais pour l’heure, la seule usine au monde à pouvoir le convertir en vue de son réenrichissement et de sa réutilisation en combustible se trouve à Seversk, en Russie. C’est pourquoi EDF a conclu en 2018 un contrat avec la société Tenex, filiale du groupe nucléaire russe Rosatom, pour qu’elle s’occupe d’une partie de son URT. Orano a également envoyé de l’URT en Russie, dans le cadre d’un contrat signé en 2020 et désormais soldé.

Cette idée de construire une usine de conversion de l’URT en France avait déjà été évoquée en 2022. Orano avait alors estimé que ses débouchés seraient insuffisants pour justifier un tel investissement. Mais ses relations commerciales avec Rosatom sont de plus en plus embarrassantes dans le contexte actuel de guerre en Ukraine. L’ONG Greenpeace s’est à plusieurs reprises indignée de la poursuite de ces contrats malgré le conflit. D’autres facteurs peuvent expliquer le retour de ce projet dans les discussions, comme la décision d’Emmanuel Macron de poursuivre le retraitement jusqu’à 2100 et la flambée du prix de l’uranium. Enfin, EDF s’est fixé pour objectif qu’au moins 30 % de l’uranium chargé dans les réacteurs nucléaires d’ici 2030 soit de l’URT.

Ce projet devrait être discuté à l’occasion du prochain conseil de politique nucléaire présidé par Emmanuel Macron, en octobre 2024.

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