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Pollutions

Une eau gazeuse Auchan et Carrefour concernée par une pollution aux PFAS

Cette eau minérale naturelle est actuellement vendue sous les marques Auchan et Carrefour.

Un contrôle officiel a détecté des PFAS dans deux forages de la source Perle, en Ardèche. Ils ne pourront plus être utilisés pour produire l’eau minérale naturelle vendue par Auchan et Carrefour. Un coup dur pour cette appellation, même si l’enjeu sanitaire reste moindre.

Dans quelle mesure les polluants éternels menacent-ils l’exploitation des eaux minérales ? La question se pose aujourd’hui à Vals-les-Bains, en Ardèche, pour une eau vendue un peu partout dans l’Hexagone. Elle risque aussi de se poser pour d’autres sources en France à l’avenir, à mesure que les contrôles sur les PFAS, ces substances per- et polyfluoroalkylées très persistantes dans l’environnement, se développent.

Selon les informations de Reporterre, dans cette commune thermale, deux forages de la source Perle ont été fermés après la détection de PFAS — un arrêt qui remonte au 12 janvier. Cette eau minérale naturelle est utilisée pour produire de l’eau gazeuse vendue sous marques de distributeurs — en l’occurrence des références « finement pétillantes » Auchan et Carrefour. Elle est exploitée par le groupe Sources Alma, acteur majeur de l’eau en bouteille (Cristaline, St-Yorre, etc.).

Alors que la présence de polluants éternels dans les eaux du robinet est désormais largement documentée, elle est encore plus préoccupante pour les eaux minérales naturelles censées, selon la réglementation, se distinguer par leur « pureté originelle ».

L’eau minérale naturelle gazeuse de la source Perle vendue sous les marques Carrefour et Auchan.

2 forages concernés sur 8

Les analyses ont été effectuées par un laboratoire officiel. Elles ont révélé une « présence de PFAS à une concentration supérieure à 30 nanogrammes par litre » sur 2 des 8 forages de la source Perle. Cette détection « ne leur permet plus de conserver, selon l’Agence régionale de santé (ARS), l’appellation d’eau minérale naturelle », confirme le groupe Sources Alma auprès de Reporterre.

Combien de PFAS, au final, dans l’eau vendue aux consommateurs, issue du mélange des différents forages ? La teneur se monte à 13 nanogrammes par litre, précise à Reporterre l’Agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes, pour qui il s’agit « de faibles traces, du fait de la dilution » avec l’eau des autres forages.

Sources Alma, Carrefour et Auchan soulignent que l’eau est « conforme » à la réglementation. « Ni la qualité, ni la sécurité de nos produits n’ont fait l’objet d’une quelconque remise en cause par les administrations. La détection de ces nanotraces est sans risque pour la santé humaine. Elle est inférieure à la limite de qualité applicable à l’eau du robinet », ajoute le groupe Sources Alma. En effet, l’enjeu sanitaire est moindre : depuis janvier 2026, une directive européenne fixe la limite pour l’eau du robinet à 100 nanogrammes par litre pour la somme de vingt substances de la famille des PFAS — trois fois plus que la valeur relevée à Vals-les-Bains.

La source Perle continuera d’être exploitée sur ses autres forages. La poursuite d’activité a nécessité une dérogation préfectorale, obtenue le 29 janvier, car l’arrêt des deux émergences contaminées modifie (à la marge) la composition minérale de l’eau commercialisée. L’arrêté du préfet de l’Ardèche a aussi prescrit à l’exploitant une surveillance renforcée des PFAS.

Reste à comprendre d’où peut provenir la contamination, dans cette commune située dans le parc naturel régional des Monts d’Ardèche. À ce stade, aucune hypothèse n’est formulée. Ces polluants sont relâchés dans l’environnement par de nombreuses activités industrielles. Certains d’entre eux peuvent aussi être le produit de la dégradation de pesticides. « La présence de PFAS dans l’environnement est extérieure à l’activité d’embouteillage, qui la subit », commente-t-on chez Sources Alma.

L’identification de l’origine des PFAS sera un enjeu d’importance à Vals-les-Bains, où la filiale du groupe Alma exploite aussi d’autres sources (notamment pour l’eau gazeuse de marque Vals), et où les eaux sont utilisées pour l’activité thermale.

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