PFAS : l’UE conseillée par un cabinet conseillant aussi... l’industrie chimique
Le cabinet de conseil Ramboll a aussi conseillé des mastodontes de l’industrie chimique. - Publicdomainpictures/CC0/Petr Kratochvil
Le cabinet de conseil Ramboll a aussi conseillé des mastodontes de l’industrie chimique. - Publicdomainpictures/CC0/Petr Kratochvil
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L’Agence européenne des produits chimiques (Echa), chargée de réguler à l’échelle communautaire l’usage des PFAS — ces polluants éternels très néfastes —, a fait appel à un cabinet de conseil danois travaillant également pour de grands industriels de la chimie. C’est ce que révèle une enquête du Financial Times.
Des documents obtenus par l’ONG Aria et consultés par le média étasunien montrent que, parmi les cabinets prodiguant des conseils à l’Echa sur les PFAS se trouve Ramboll. Ce cabinet de conseil danois a été embauché pour la première fois par l’Echa en 2020. L’année dernière, il a signé un nouveau contrat de six ans, pour un budget maximum de 1 million d’euros.
En 2022-2023, révèle le Financial Times, Ramboll a cependant aussi conseillé des mastodontes de l’industrie chimique, dont l’indien Gujarat Fluorochemicals, les firmes étasuniennes Honeywell et 3M, ainsi que Plastics Europe, l’un des lobbies industriels « les plus actifs » sur la question des PFAS.
En raison de ses liens avec l’industrie chimique, Ramboll pourrait avoir exercé « une influence néfaste sur les projets de régulation des PFAS » de l’Union, alertaient des activistes dans une lettre envoyée à l’Echa en juillet. « Il y a clairement un conflit d’intérêts », a déclaré à nos confrères David Michaels, épidémiologiste à l’université George Washington.
Dans un rapport préparé en 2020 pour l’Echa et la Commission européenne, Ramboll avait conseillé d’octroyer une période de transition de dix ans aux entreprises pétrochimiques, afin de leur laisser le temps de trouver des alternatives aux polluants éternels dans leurs mousses anti-incendies — une recommandation incluse dans la loi adoptée en avril.
Interrogée par le Financial Times, l’Echa explique que cette recommandation avait également été faite par d’autres experts. Ramboll a quant à lui déclaré éviter les conflits d’intérêts « en s’assurant que ses conclusions et opinions sont fondées sur une évaluation objective et transparente des preuves scientifiques », et qu’il établit des « barrières éthiques » entre ses différents clients.