Paludisme : 500 000 décès potentiels en Afrique en raison du changement climatique d’ici 2050
L’augmentation des températures dans certaines régions pourrait favoriser la ponte et le développement des moustiques. - Wikimedia Commons/CC0/Jim Gathany
L’augmentation des températures dans certaines régions pourrait favoriser la ponte et le développement des moustiques. - Wikimedia Commons/CC0/Jim Gathany
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200 millions de nouveaux cas de paludisme, et 532 000 décès d’ici 2050, le tout à cause du changement climatique. Ce sont les prévisions glaçantes d’un institut scientifique australien, au sujet des conséquences potentielles du changement climatique sur le continent africain.
Publiés le 28 janvier par des chercheurs du Kids Research Institute dans la revue Nature, ces résultats sont issus de « vingt-cinq ans de données scientifiques continentales » sur le paludisme — une maladie transmise aux êtres humains par une sous-espèce de moustique contaminée au parasite Plasmodium.
Avec un scénario à 2,7 °C de température moyenne globale d’ici 2100, les chercheurs montrent que l’augmentation des températures dans certaines régions pourrait favoriser la ponte et le développement de ces insectes. Mais c’est surtout la multiplication des inondations et cyclones de forte intensité qui risque d’avoir le plus gros impact sur les cas de paludisme à long terme. Trois types de perturbations majeures ont été identifiés : l’accès réduit aux traitements contre cette maladie ; la dégradation des logements, qui sont des lieux de confinement protecteurs ; la distribution interrompue d’équipements répulsifs contre les moustiques auprès des populations.
Décentraliser les services de santé
C’est sans compter d’autres « mécanismes indirects », qui n’ont pas tous été pris en compte dans l’étude. Les chercheurs mentionnent notamment « l’augmentation des migrations liées au changement climatique », qui explose les risques de transmission et réduisent l’accès aux infrastructures de prévention et de traitement.
« Éradiquer le paludisme d’ici 2050 serait l’une des plus grandes réalisations de l’histoire de l’humanité » conclut l’étude. « Mais l’accélération du changement climatique menace cette ambition. » Parmi les solutions, les chercheurs proposent des investissements massifs pour réduire la vulnérabilité au changement climatique des chaînes d’approvisionnement en médicaments, améliorer les mécanismes d’alerte et d’intervention d’urgence, et décentraliser les services de santé vers les périphéries.