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En brefPêche

Pêche : 1 % des bateaux responsables de 29 % des émissions du secteur

Parmi ces bateaux, des thoniers senneurs de 80 mètres.

Plus la pêche s’industrialise, plus elle contribue au changement climatique. C’est ce qui ressort du bilan carbone de la pêche française mis au point par Bloom et le Shift Project, publié le 17 novembre. Les deux associations ont, pour la première fois, calculé l’empreinte carbone du secteur en France, en prenant en compte l’ensemble de ses émissions, de la construction des navires jusqu’au débarquement des poissons.

La pêche française émet annuellement 1,1 million de tonnes de CO2, soit l’équivalent du secteur du numérique. 84 % de ces émissions sont dus à la consommation de carburant. Le reste relève de la fabrication et de la mise au rebut des bateaux, des fuites de gaz réfrigérants, de la perturbation du cycle du carbone due au prélèvement d’animaux pouvant, à leur mort, entraîner du CO2 vers les abysses…

Tous les corps de métier ne portent cependant pas la même responsabilité : 39 navires industriels de plus de 40 mètres, représentant moins de 1 % de la flotte nationale et 10 % des emplois, émettent à eux seuls 29 % des émissions de gaz à effet de serre du secteur.

20 bateaux émettent, en un an, autant de CO2 que 80 000 voitures thermiques

La moitié de ces bateaux sont des thoniers senneurs de 80 mètres, naviguant dans l’océan Indien et les eaux ouest-africaines pour le compte des vendeurs de thon en boîte. La taille de leurs sennes « coulissantes » dépasse l’entendement : jusqu’à 2 000 mètres de long pour 300 de profondeur, soit l’équivalent de la surface moyenne d’une ferme en France. Ces vingt bateaux émettent, en un an, autant de CO2 que 80 000 voitures thermiques.

En comparaison, les bateaux de moins de 12 mètres pratiquant des arts « dormants » (comme la ligne, le filet ou le casier), qui représentent 73 % de la flotte française, ne sont responsables que de 14 % des émissions du secteur.

Au-delà de la taille, l’engin de pêche utilisé joue un rôle important. Toutes tailles confondues, les chalutiers et senneurs de fond (qui raclent les fonds avec respectivement un filet ou des câbles, et remettent ainsi en circulation les gaz à effet de serre piégés dans les sédiments) sont responsables d’a minima 46 % des émissions de CO2 de la pêche française.

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