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Déchets nucléaires

Perquisition par les gendarmes en cours à Bure



Depuis environ 6 h 20 du matin ce mercredi 20 septembre, les gendarmes perquisitionnent la Maison de résistance à Bure (Meuse) et le terrain de la gare de Luméville, ainsi qu’un domicile situé à Commercy. Ces lieux sont habités par des personnes opposées au projet d’enfouissement de déchets nucléaires à Bure.

À la Maison de résistance, les gendarmes ont justifié leur entrée par la commission rogatoire d’un juge d’instruction, relativement à l’action visant l’hôtel-restaurant du laboratoire de l’Andra en juin dernier. Ils sont une quarantaine.

Leur intrusion s’est faite de façon violente : ils sont entrés dans la Maison en se servant d’un pied de biche, ont cassé la porte d’entrée et, apparemment, également des vitres de caravane.

À la Gare, une quinzaine de gendarme sont en action, accompagnés du procureur, et de chiens anti-drogue. Ils sont entrés avec un ordre de la commission rogatoire pour les stupéfiants.

À Commercy, ils sont arrivés également à 6 h et ont saisi un ordinateur, un disque dur et un téléphone portable.

Des barrages et des contrôles sont mis en place à Ribeaucourt, Mandres.

Une perquisition a aussi été menée à Mandres et une autre à Commercy.

Pour le réseau Sortir du nucléaire, « cette perquisition fait suite à plusieurs mois de harcèlement policier permanent dans les villages autours de Bure, avec des rondes incessantes de véhicules de gendarmerie et d’hélicoptères et des contrôles d’identité plusieurs fois par jour visant aussi bien des militants que des agriculteurs ».

Dans un communiqué, le réseau dénonce « ces méthodes inacceptables et cette escalade dans la stratégie de la tension » : « Il est honteux que l’État s’acharne sur les opposants plutôt que d’abandonner ce projet dangereux et imposé, qui met en danger les générations futures et actuelles. » Il appelle à des rassemblements de soutien devant les préfectures.

  • 11h, à Bure, d’après le site vmc.camp, les perquisitions sont en cours.

D’après un habitant de Mandres, opposant au projet Cigéo joint par Reporterre, il y aurait une centaine de gendarmes dans les différentes communes autour de Bure, et au moins 5 maisons auraient été perquisitionnées.

« C’est la première fois qu’on voit une opération d’une telle ampleur à Bure », témoigne-t-il. Pour lui, il s’agit surtout d’un « point d’orgue d’une pression policière diffuse et permanente » : « Les gendarmes circulent quotidiennement dans les rues des villages, filment, menacent, contrôlent de manière intempestive... ils font monter la tension pour décourager, faire peur ou pousser au débordement, mais tout ce qu’ils vont gagner, c’est un regain de la mobilisation ! »

Joint également par Reporterre, Michel Labat, habitant de Mandres, se dit révolté : « C’est incroyable, autant de flics partout. Aujourd’hui, il n’y a plus d’opposition : dès qu’on fait quelque chose, on nous envoie les gendarmes. Et puis, ils nous insultent régulièrement, nous menacent, c’est un tel manque de respect. Les gens ici sont épuisés, ils ont peur. »

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