Pesticides : 56 molécules ne sont pas surveillées dans l’eau potable
56 métabolites n’ont pas droit à une surveillance. - Pickpik/CC
56 métabolites n’ont pas droit à une surveillance. - Pickpik/CC
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56 molécules ayant de forts risques de contaminer l’eau potable en France ne sont pas surveillées. Celles-ci sont des métabolites de pesticides, c’est-à-dire issues de leur dégradation une fois que les produits phytosanitaires ont été épandus dans l’environnement. C’est ce que dévoile un rapport de l’association Générations futures publié le 15 octobre.
Pour obtenir ce chiffre, l’association a identifié 39 substances actives de pesticides, se dégradant en 79 métabolites à risque « de contaminer les eaux souterraines à des concentrations supérieures à 0,1 μg/L d’après l’Anses », l’Agence nationale de sécurité sanitaire, explique-t-elle. Seuls 23 d’entre eux ont été suivis dans l’eau potable l’an dernier. Cela fait donc un total de 56 métabolites n’ayant pas droit, eux, à une surveillance.
« Nous ne disons pas que l’eau potable est néfaste pour la santé. Ces métabolites sont toutefois issus de substances dangereuses, ce n’est pas dit que les molécules qui en dérivent soient anodines. Tous les métabolites ne présentent peut-être pas de risque sanitaire, mais on ne le sait pas puisqu’ils sont très peu étudiés, il faut répondre à cette question sanitaire », estime Pauline Cervan, chargée de mission scientifique de l’association.
Polluants éternels
Parmi ces métabolites non surveillés, se trouve par exemple le TFA, une molécule de la famille des PFAS, les polluants éternels. L’Allemagne a récemment demandé qu’elle soit classée toxique pour la reproduction. Le TFA est un produit de dégradation de plusieurs pesticides dont le flufénacet, un herbicide très utilisé sur les grandes cultures (blé, orge, etc.). Le Dipa est aussi un métabolite pouvant être retrouvé dans des proportions importantes dans l’eau potable. Il est un produit de dégradation du triallate, un autre herbicide, potentiellement génotoxique.
Si la surveillance de la qualité sanitaire de l’eau potable est gérée par la direction générale de la santé (DGS) et les Agences régionales de santé (ARS), « leur méthodologie ne permet pas d’inclure de nouveaux métabolites. Ils ne les surveillent pas s’ils n’ont pas été retrouvés ailleurs, chez nos voisins européens », déplore Pauline Cervan.
L’association a contacté les ministères concernés, la DGS et les ARS afin que soit mise en place une surveillance de ces substances. Elle souhaite également l’interdiction de l’usage des pesticides dans les aires d’alimentation de captage de l’eau potable.