Pesticides dans l’eau : un rapport confidentiel dénonce « l’échec » du gouvernement
Contaminés par des pesticides, de nombreux points de captage d'eau potable ont été fermés en France. - © Louisa T. / Reporterre
Contaminés par des pesticides, de nombreux points de captage d'eau potable ont été fermés en France. - © Louisa T. / Reporterre
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Un rapport interministériel confidentiel, révélé par Contexte, signale que la lutte contre la contamination de l’eau par les pesticides est un échec. Dans de nombreux territoires, les seuils réglementaires de métabolites de pesticides dans l’eau potable sont toujours dépassés, indique ce document de juin 2024 rédigé par les inspections des ministères de la Santé, de la Transition écologique et de l’Agriculture.
Le rapport critique l’absence de progrès des mesures clés du Plan eau, alors que les fermetures de captages d’eau potable s’accélèrent : entre 1980 et 2019, 12 500 captages ont été abandonnés sur les 33 000 existants. Les nappes phréatiques subissent des pollutions diffuses, largement dues à l’agriculture, provoquant parfois des dégâts irréversibles. Devant le coût exorbitant de la dépollution, fermer les captages devient la solution privilégiée.
Une nécessaire restriction de l’usage des pesticides
Pour répondre à cette crise, le rapport propose plusieurs mesures : instaurer des zones prioritaires avec des restrictions sur l’usage des pesticides, financées par des compensations aux agriculteurs ; augmenter et étendre aux biocides la redevance pour pollution diffuse (RPD), une taxe appliquée aux ventes de pesticides, destinée à financer les agences de l’eau.
Cependant, le gouvernement Barnier, préoccupé par la réduction de la dette publique et proche des intérêts agricoles, a abandonné ces mesures, tout en ponctionnant selon Contexte 130 millions d’euros dans les caisses des agences de l’eau, compromettant leur capacité d’action future.