Panneaux solaires : il faut d’abord équiper les parkings, dit un rapport
Pour ne pas artificialiser des terres, mieux vaut installer le solaire sur des zones déjà artificialisées, comme sur ce parking belge. - Wikimedia / CC BY-SA 3.0 / Jérémy-Günther-Heinz Jähnick
Pour ne pas artificialiser des terres, mieux vaut installer le solaire sur des zones déjà artificialisées, comme sur ce parking belge. - Wikimedia / CC BY-SA 3.0 / Jérémy-Günther-Heinz Jähnick
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Il faut interdire les panneaux photovoltaïques dans les espaces naturels tant que les parkings et bâtiments disponibles ne sont pas tous équipés. C’est l’une des 21 recommandations du Conseil national de la protection de la nature (CNPN) dans un avis publié cet été.
L’instance, qui s’est autosaisie du sujet, constate que beaucoup de projets solaires sont implantés dans d’anciennes carrières, des friches, des forêts jugées à faible « enjeu » ou à faible « patrimonialité » ou encore dans des espaces agricoles, naturels ou forestiers considérés comme « incultes ». Or ces installations ont des conséquences néfastes, prévient le CNPN : perte d’habitat de nidification et d’alimentation pour les oiseaux, disparition d’arbres utilisés par les chauves-souris, appauvrissement de la flore et des insectes pollinisateurs, mortalité de la petite faune qui s’y trouve lors des travaux…
Toitures, hangars agricoles, parkings, routes…
Il estime que « la forte recrudescence de projets empêche une instruction et une évaluation environnementale suffisantes pour tous les dossiers », d’autant que les effectifs du ministère de la Transition écologique ont fortement décliné. Selon lui, trop peu de projets font l’objet d’une demande de dérogation « espèces protégées ». Les promoteurs sont alors dispensés de prendre des mesures pour compenser les dégâts produits sur la faune et la flore. Et quand ils en prennent, elles seraient insuffisamment ambitieuses.
Selon l’instance consultative, « plusieurs études suggèrent que l’objectif de 100 GW [que s’est fixé la France à l’horizon 2050] peut être atteint en mobilisant uniquement des espaces artificiels (toitures, hangars agricoles existants, parkings, routes, etc.) ».
Ces préconisations ont fait réagir Daniel Bour, le président d’Enerplan, syndicat des professionnels de l’énergie solaire, interrogé par Le Monde : « Il est facile de dire “équipons les toitures et les parkings”, mais cela coûte plus cher, cela produit moins, les gens n’ont pas forcément envie d’avoir ça chez eux, c’est plus lent, plus compliqué en termes de réseau… L’idée que l’on puisse atteindre nos objectifs sans installations au sol est ridicule. »