Plats cuisinés : l’origine de la viande sera étiquetée, décident les députés européens

Durée de lecture : 2 minutes

13 février 2015 / Philippe Desfilhes (Reporterre)

Tous les mois, Reporterre suit la session plénière du Parlement européen. Cette semaine, les députés de Strasbourg ont décidé l’étiquetage de la viande utilisée dans les aliments transformés.

Les députés européens ont voté mercredi 11 février 2015 une résolution qui demande à la Commission de rendre obligatoire l’étiquetage d’origine de la viande utilisée dans les aliments transformés (lasagnes, pizzas, nuggets de poulet, etc.), comme cela existe déjà pour les aliments non-transformés.

« La traçabilité de la viande fraiche entrera en application en avril 2015. Suite au scandale des lasagnes au cheval, il faut aller plus loin et la Commission ENVI (Environnement, santé publique et sécurité alimentaire) a de sa propre initiative proposée cette résolution qui demande que l’étiquetage concerne aussi les aliments transformés », explique José Bové, eurodéputé du groupe des Verts/ALE.

Cette résolution était soutenue par les producteurs de viande et les consommateurs : 90 % des citoyens européens estiment en effet important de savoir d’où viennent les aliments qu’ils consomment. Elle a été adoptée à une large majorité (460 voix pour, 204 contre, 34 abstentions) mais les députés du PPE (le Parti Populaire Européen qui réunit des partis de droite et de centre droit dont l’UMP) ont voté contre.

« C’est la première fois que le PPE se retrouve aussi isolé. Il faudra essayer de comprendre le pourquoi de leurs amendements, car il est aberrant d’essayer d’empêcher une résolution qui profite à toute la filière, et notamment aux transformateurs qui ont été durement touchés économiquement par le scandale Findus », poursuit l’eurodéputé.

Les plats cuisinés sont les principaux produits concernés. En ligne de mire, le fameux « minerai de viande », comme l’appelle les professionnels de la transformation dans leur jargon. On a retrouvé dans certains plats industriels des traces de viande provenant de 17 pays de la Communauté différents ...

« Etiqueter l’origine de la viande utilisée comme un ingrédient permettra aussi de lutter contre les trafics car il existe une véritable mafia des déchets de viande, avec des sociétés intermédiaires domiciliées à Malte ou à Chypre qui opèrent avec des produits qui passent par la Hollande et la Belgique et dont à l’arrivée on ne connaît plus la provenance », dénonce José Bové.

La balle est désormais dans le camp de la Commission. Aucun délai ne lui incombe pour transformer la proposition en règlement ou en directive (une directive s’adapte pays par pays alors qu’un règlement s’impose à tous les Etats de la même manière). « Il faudrait que cela soit fait le plus vite possible. Cela sera un excellent test pour voir si la nouvelle Commission se préoccupe vraiment des consommateurs ! »


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Source : Philippe Desfilhes pour Reporterre

Photo : Fabrication du « minerai de viande » (Blog de Marc Tertre).

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