Plus jeune, plus collectif : la Confédération paysanne change de visage
Le nouveau secrétariat national de la Confédération paysanne, le 15 mai 2025 à Paris. - © Confédération paysanne
Le nouveau secrétariat national de la Confédération paysanne, le 15 mai 2025 à Paris. - © Confédération paysanne
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Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin : telle est la nouvelle philosophie de la Confédération paysanne. Jeudi 15 mai, le syndicat agricole a présenté ses neuf nouveaux secrétaires nationaux, chargés de porter la stratégie de l’organisation pour les trois prochaines années. Surtout, il a annoncé une petite révolution : trois paysans — dont deux de moins de 45 ans — ont remplacé Laurence Marandola au poste stratégique de porte-parole du syndicat classé à gauche.
Fanny Metrat, éleveuse de brebis en Ardèche, Thomas Gibert, maraîcher en Haute-Vienne, et Stéphane Galais, éleveur de vaches laitières en Ille-et-Vilaine, auront donc la charge de porter la voix du syndicat. « Nous voulons sortir de la personnification et de la logique pyramidale, a expliqué Fanny Metrat. Nous croyons que l’intelligence collective nous permettra de faire face aux multiples enjeux qui nous attendent. »
« Peser aux élections municipales »
Les défis sont en effet de taille, alors que la proposition de loi Duplomb — qui vise à accélérer l’industrialisation de l’agriculture — est débattue à l’Assemblée nationale. Alors que le syndicat a été en retrait lors des manifestations agricoles de 2024 et aux élections professionnelles de janvier, le nouveau secrétariat national se veut « offensif et déterminé », affirme Thomas Gibert.
Comment ? En renforçant le lobbying auprès des parlementaires, en poursuivant la stratégie d’alliance avec d’autres organisations (écologistes, syndicales), en développant de nouveaux canaux de communication… « On veut aussi peser lors des prochaines élections municipales, a précisé Stéphane Galais. C’est un échelon pertinent pour soutenir l’agriculture paysanne. »
« Contre la vision populiste de certains, notre projet de société est inclusif, on veut se battre pour que personne ne reste sur le carreau, pour que plus aucune ferme ne disparaisse, a insisté Fanny Metrat. Nous voulons créer le trait d’union. » Si le secrétariat national loupe le coche de la parité (six hommes pour trois femmes), il compte désormais un paysan ultra-marin, Laurent Chathuant, producteur de vanille et de bananes en Guadeloupe.