Pollution chimique à Fos-sur-Mer : ArcelorMittal mis en examen
Le haut-fourneau HF1 de Fos-sur-Mer d'ArcelorMittal. - Wikimedia Commons / CC BY-SA 4.0 / Borvan53
Le haut-fourneau HF1 de Fos-sur-Mer d'ArcelorMittal. - Wikimedia Commons / CC BY-SA 4.0 / Borvan53
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Cela faisait six ans que l’instruction avait débuté, et vingt ans que les riverains de Fos-sur-Mer étaient en lutte. Comme le révèle Mediapart, ArcelorMittal a été mis en examen le 19 mars par le pôle environnemental du tribunal de Marseille pour mise en danger de la vie d’autrui, faux et usage de faux et infraction au Code de l’environnement. Cela fait suite à une plainte déposée en 2019 par plusieurs riverains, ainsi que des associations de défense de l’environnement.
La multinationale aurait ainsi exposé la population du golfe de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône) à des rejets de polluants toxiques, quitte à parfois dépasser les seuils autorisés de certains produits cancérogènes.
Le géant de l’acier aurait également falsifié certains rapports remis aux autorités de contrôle afin de falsifier ses infractions. Au total, entre 2014 et 2019, c’est « près d’un tiers » des polluants rejetés nécessitant un contrôle continu qui sont passés hors des radars.
Défaillances des contrôles de l’État
Par manque d’entretien, des accidents graves auraient eu lieu, indique Mediapart qui cite à titre d’exemple celui de la nuit du 8 au 9 mars 2022 lors duquel près de 75 000 m3 de gaz toxiques et cancérogènes ont fuité dans l’air.
Des éléments de l’enquête remettent également en question la défaillance des contrôles de l’État, via les services de préfectures. ArcelorMittal enregistre plus de 1 milliard de bénéfices et a reçu, au total, depuis 2014, près de 1 milliard d’euros de fonds publics pour ses usines domiciliées en France.