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Tribune — Luttes

Pourquoi je lutte contre la COP 21

L’auteur de cette tribune estime qu’il n’y a rien à attendre de la conférence de Paris sur le climat. Les solutions envisagées y seraient portées par des pompiers pyromanes pour « ne pas remettre en cause le capitalisme et sa logique folle d’accumulation et de destruction ». Manifester permet de rappeler que « luttes climatiques et sociales sont intrinsèquement liées ».

Emmanuel Daniel est journaliste.


Depuis lundi se tient au Bourget la COP 21, la conférence des Nations unies sur le changement climatique. De quoi s’agit-il ? Près de 200 chefs d’États se réunissent dans un aéroport avec certaines des multinationales les plus polluantes de la planète et quelques ONG pour tenter de contenir le réchauffement. Ces pompiers-pyromanes veulent faire oublier leurs responsabilités dans le changement climatique et faire croire qu’il s’agit d’une catastrophe naturelle, un péril tombé du ciel. Pourtant, ce sont bien les orientations politiques et économiques prises ces dernières années, la recherche à tout prix de la croissance et du profit, qui nous ont amenés au bord du gouffre social et climatique.

Les Saboteurs du climat nous assurent malgré tout qu’ils vont tout faire pour le réparer. Ce refrain, ils le chantent depuis longtemps déjà. La COP 21 est le 21e sommet pour le climat. Or, depuis la première réunion à Berlin en 1995, la situation n’a fait qu’empirer. Malgré les promesses à répétition, les émissions de CO2 n’ont jamais été aussi élevées qu’aujourd’hui. S’ils avaient la capacité ou la volonté d’agir vraiment, on pourrait raisonnablement penser qu’ils auraient commencé à le faire avant. Malgré l’évidence de l’échec de ces négociations, la COP 21 est souvent présentée comme le « sommet de la dernière chance ».

À nous d’agir pour éviter que ce monde ne devienne plus irrespirable qu’il ne l’est déjà

Les participants vont tenter de se mettre d’accord sur des engagements « contraignants » pour éviter que la planète devienne invivable d’ici à la fin du siècle. Ces politiciens et ces multinationales nous proposent toute une batterie de fausses solutions qui, selon eux, nous permettraient de polluer moins, ou mieux. Parmi les mesures suggérées : quotas de CO2, nucléaire et charbon « propres », agrocarburants, géo-ingénierie, data centers écoresponsables, compteurs électriques « intelligents », charte de bonne conduite des multinationales, outils de mesure de la pollution... Ces fausses pistes leur permettent de ne pas parler des vraies causes du changement climatique (l’extraction des énergies fossiles, l’agriculture intensive...) et de ne pas remettre en cause le capitalisme et sa logique folle d’accumulation et de destruction.

Manifester contre la COP 21, c’est rappeler que les luttes climatiques et sociales sont intrinsèquement liées. Dans les deux cas, ce sont une minorité de riches qui font subir les conséquences de leur domination à une majorité de pauvres. Si nous descendons dans les rues malgré l’état d’urgence, c’est pour dénoncer cette mascarade et empêcher les responsables du changement climatique de se faire passer pour les sauveteurs du climat. C’est également dire aux personnes qui se soucient du sort de la planète et des êtres qui y vivent qu’elles n’ont rien à attendre des responsables politiques et des multinationales. C’est à nous d’agir pour éviter que ce monde ne devienne plus irrespirable qu’il ne l’est déjà. Les manifestations contre la COP 21 qui ont déjà eu lieu (et qui continueront à se dérouler dans les prochains jours malgré le climat de terreur qu’ils tentent d’imposer) sont également l’occasion pour celles et ceux qui sont convaincu-e-s que notre avenir est entre nos mains et pas dans les leurs de se rencontrer et de s’organiser pour que la mobilisation pour le climat et contre le capitalisme ne s’arrête pas avec la fin de la COP 21.

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