Première victoire au Testet, où le déboisement est repoussé à l’automne

5 avril 2014 / Grégoire Souchay (Reporterre)

La bataille des collectifs contre le projet de barrage du Testet a remporté une importante victoire le 5 avril : le déboisement est reporté à - au moins - l’automne prochain, a appris Reporterre.


- Toulouse, correspondance

Les assauts conjoints du collectif Testet et du collectif Tant qu’il y Aura les Bouilles pour retarder les travaux semble porter leur fruit. Ainsi, ce vendredi 5 avril, la Préfecture du Tarn et le Conseil général nous confirmaient tous deux qu’il n’y aurait pas de nouvel arrêté de déboisement sur la zone avant l’automne. Le précédent arrêté n’était valable que jusqu’au 31 mars dernier.

Mais du fait de la présence des zadistes et des recours contre les expulsions, les opérations de prélèvements d’espèces protégées n’ont pas pu avoir lieu et le déboisement n’a même pas été entamé. Au Testet, le droit de l’environnement et la protection des espèces (période de nidification des oiseaux d’avril à la fin août) ont constitué le socle juridique pour retarder le projet.

Mais ce n’est pas tout. Car le projet est financé à hauteur de deux millions d’euros par des fonds européens attribués en 2013. Or, ces fonds sont conditionnés à la réalisation de travaux dans des délais très courts. Concrètement, il faudrait que la digue principale du barrage ne soit terminée en juin 2015, soit en à peine neuf mois.

Si le Conseil général tente de négocier un nouveau délai, on sait déjà que l’aide ne pourra pas être découpée en tranches et ne pourra pas être versée en plusieurs fois. Cela n’a pas empêché le Conseil de voter ce vendredi matin par 43 voix pour l’appui au projet, deux abstentions et une voix contre. Il semble que les élus n’aient pas pris la peine de regarder le détail des faits, puisque les données présentées se basent sur la réalisation du déboisement en mars, alors qu’on sait désormais celui-ci impossible avant plusieurs mois.

Autre dossier : en décembre, le juge administratif qui avait rejeté les recours des opposants contre la déclaration d’utilité publique n’ont pas motivé leur décision, ce qui n’est pas conforme au code de procédure pénale. Le Conseil d’Etat discutait ce jeudi du dossier et rendra sa décision la semaine prochaine.

Enfin, nous apprenions ce matin que l’audience concernant les modalités de l’expulsion des parcelles ONF occupées était reportée d’une semaine. Par la voix de son avocat, la Préfecture a déclaré qu’aucune expulsion n’aurait lieu tant que le juge n’aura pas rendu sa décision. Si la ferme de la Métairie Neuve, située sur une parcelle du Conseil général, reste expulsable à tout moment, les constructions situées sur les autres parcelles gagnent une semaine supplémentaire de répit.



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Source et photo : Grégoire Souchay pour Reporterre.

Lire aussi : Au Testet, la Zad vit et palpite dans la bonne humeur.


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