Média indépendant, en accès libre pour tous, sans publicité, financé par les dons de ses lecteurs
Recevoir la lettre d'info

En bref — Politique

Recasé, Jean Castex pourra soutenir ses autoroutes

Jean Castex lors de la passation de pouvoir vendredi 3 juillet 2020, à Matignon.

L’ancien Premier ministre Jean Castex a accepté la proposition d’Emmanuel Macron et pris la tête de l’Agence de financement des infrastructures de transport de France (AFITF). Cet établissement public a pour mission de financer les infrastructures routières, ferroviaires, fluviales ou portuaires du pays. Il perçoit une part de taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE), un versement des sociétés concessionnaires d’autoroutes ou encore une part des amendes de radars automatiques. L’agence était auparavant présidée par Christophe Béchu, nommé lundi 4 juillet ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires.

Jean Castex a profité de cette nomination pour rappeler son « goût ancien et bien ancré pour les transports », notamment les trains. La presse mainstream a insisté sur le fait qu’il était collectionneur du magazine La vie du rail et avait, au cours de son passage à Matignon, multiplié les réouvertures de train de nuit.

Castex a relancé de nombreux projets routiers ultrapolluants

Une affirmation pour le moins partielle et partiale. Jean Castex était Premier ministre le 6 avril lors de la signature en toute discrétion du contrat de performance entre l’État et SNCF-Réseau planifiant les objectifs de l’opérateur du réseau et les moyens alloués par l’État jusqu’en 2030. Ce contrat, jugé « largement insuffisant » par des politiques de tous bords et des experts, fait craindre des failles de qualité et une hausse des prix pour les usagers du train du fait de l’insuffisance des moyens mis en œuvre pour l’entretien des rails, comme nous le racontions.

Par ailleurs, comme le révélait une enquête de Reporterre, le séjour à Matignon de Jean Castex a surtout permis de relancer de nombreux projets routiers, ultrapolluants, pour un coût de plus de 18 milliards d’euros. Ces dernières années, Jean Castex était devenu le meilleur émissaire en la matière, multipliant les déplacements pour relancer des projets à l’arrêt depuis des années et balayant au passage les arguments des opposants. Sa nomination à l’Agence de financement des infrastructures de transport de France lui permettra notamment de continuer à soutenir ces projets.

📨 S’abonner gratuitement aux lettres d’info

Abonnez-vous en moins d'une minute pour recevoir gratuitement par e-mail, au choix tous les jours ou toutes les semaines, une sélection des articles publiés par Reporterre.

S’abonner
Fermer Précedent Suivant

legende