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En bref — Nature

Sixième extinction : les mollusques disparaissent massivement eux aussi

L’ampleur de la sixième extinction de masse est pire que ce que suggère la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) dès lors qu’on prend en compte les invertébrés, alertent les auteurs d’une étude (en anglais) publiée lundi 10 janvier 2022 dans Biological Reviews. Selon l’analyse de la situation des mollusques terrestres (escargots et limaces), il n’y aurait pas 0,4 % d’espèces animales et végétales disparues dans le monde depuis l’année 1500, mais entre 7,5 et 13 % — soit 150 000 à 260 000 espèces éteintes.

« La liste rouge [de l’UICN] est fortement biaisée : presque tous les oiseaux et mammifères, mais seulement une infime partie des invertébrés, ont été évalués en fonction de critères de conservation, expliquent Robert H. Cowie, professeur de biologie à l’université d’Hawaï, Philippe Bouchet, zoologiste au Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) et Benoît Fontaine, biologiste de la conservation au MNHN. L’incorporation d’estimations du nombre réel d’extinctions d’invertébrés permet de conclure que le taux dépasse largement le taux de fond et que nous pourrions bien assister au début de la sixième extinction de masse. »

Toutes les espèces ne sont pas menacées par le même niveau de risque d’extinction, nuancent cependant les auteurs : « Les espèces marines sont confrontées à des menaces importantes mais (…) rien ne prouve que le biote marin ait atteint la même crise que le biote non marin. Les espèces insulaires ont subi des taux d’extinction bien plus élevés que les espèces continentales. Les plantes sont confrontées à des problèmes de conservation similaires à ceux des invertébrés, bien que certains indices laissent penser qu’elles ont pu subir des taux d’extinction plus faibles. »

« Les scientifiques doivent documenter autant d’espèces que possible avant qu’elles ne disparaissent »

Face à ce constat alarmant, les chercheurs en appellent à une prise de conscience. « En tant que biologistes systématiques, (…) nous réaffirmons le message selon lequel la biodiversité, qui rend notre monde si fascinant, si beau et si fonctionnel, disparaît à un rythme sans précédent. Face à une crise croissante, les scientifiques doivent adopter les pratiques de l’archéologie préventive, et collecter et documenter autant d’espèces que possible avant qu’elles ne disparaissent. (…). Nier la crise, l’accepter simplement et ne rien faire, ou même l’embrasser pour le prétendu bénéfice de l’humanité, ne sont pas des options appropriées et ouvrent la voie à la poursuite de la triste trajectoire de la Terre vers une sixième extinction de masse. »

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