Surf aux JO 2024 : à Tahiti, le chantier a déjà dégradé les coraux
Le chantier de tour des juges, dont les fondations sont terminées, a déjà endommagé des coraux. - Facebook/TNTV Tahiti Nui Télévision
Le chantier de tour des juges, dont les fondations sont terminées, a déjà endommagé des coraux. - Facebook/TNTV Tahiti Nui Télévision
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À Tahiti, le chantier a débuté malgré les controverses. Les ouvriers viennent de poser les fondations de la tour des juges dans l’eau turquoise de Teahupoo, mythique spot de surf finalement choisi pour l’épreuve de Paris 2024. Le montage de la tour, préconstruite sur la terre ferme, doit débuter le 11 mars. La livraison est prévue le 13 mai, quelques jours avant la Tahiti Pro, une compétition annuelle de la World Surf League.
Les associations opposées au projet annoncent avoir « lâché l’affaire ». « Nous avons fait tout ce qui était possible dans les limites de la légalité », assure Cindy Otcenasek, présidente de Vai Ara o Teahupoo, l’association la plus mobilisée contre les travaux.
Cet automne, le projet avait été suspendu après une forte mobilisation des habitants et des écologistes. Ces derniers alertaient sur le risque de destruction des coraux et une pétition contre la construction de cet équipement avait recueilli plus de 250 000 signatures.
Déjà des effets sur le corail
En décembre, le gouvernement de la Polynésie française avait ouvertement remis en cause la tenue de l’épreuve, puis révisé le projet initial. Son président, Moetai Brotherson, avait annoncé la construction d’une tour plus légère et moins haute, sous la supervision de deux personnalités respectées des surfeurs locaux, Pascal Luciani et Moana David.
Mais à peine commencé, la semaine dernière, le chantier a quand même dégradé des coraux. Selon un reportage de la chaîne locale TNTV Tahiti Nui, plusieurs impacts ont été constatés. « On essaye de faire le mieux que l’on peut, mais il y a eu des petites casses, on ne va pas le nier, reconnaît Moana David, porte-parole du projet. [...] La nature fait bien les choses, les coraux vont revenir dessus, même sans bouturage. » À ses côtés, le surfeur local Pascal Luciani renchérit : pour le moment, « il y a eu quatorze impacts sur le corail, ce n’est pas grand-chose ».