Terres rares : les dessous cachés de la plainte contre la Chine

Durée de lecture : 2 minutes

15 mars 2012 / Les Amis de la terre



Les pays riches portent plainte contre la Chine devant l’OMC parce qu’elle limite ses exportations de terres rares. Mais l’enjeu caché derrière cette bataille économique est en fait écologique.


Alors que, [le 13 mars], les États-Unis, l’Europe et le Japon ont porté plainte auprès de l’Organisation mondiale du commerce contre la Chine, accusée de limiter de façon abusive ses exportations de terres rares, les Amis de la Terre dénoncent l’irresponsabilité des pays développés qui d’un côté, incitent à la consommation et de l’autre, refusent d’assumer les impacts environnementaux et sociaux qui en découlent.

Les terres rares désignent un ensemble de 17 éléments chimiques devenus indispensables dans les nouvelles technologies pour accroître la miniaturisation, fabriquer des écrans extra-plats ou réduire les frottements des aimants dans les moteurs.

La difficulté d’exploitation des terres rares réside dans leur présence à un infime pourcentage dans la roche mère ce qui implique des moyens importants et des techniques lourdes d’extraction. Contrairement à ce que leur nom suggère, les terres rares sont réparties de façon relativement homogène dans le monde : des gisements ont ainsi été découverts dans les sédiments profonds en Polynésie française.

Mais si aujourd’hui, les mines chinoises fournissent plus de 95 % de la production mondiale, c’est parce que c’est l’un des seuls pays où l’exploitation est économiquement rentable, car les normes environnementales et sociales sont très faibles comme l’explique Sylvain Angerand des Amis de la Terre : « Les pays développés n’extraient pas de terres rares chez eux, car les dégâts environnementaux seraient considérables et les conditions de travail très difficiles : inacceptable pour l’opinion publique. Mais alors pourquoi l’accepter en Chine ? »

Plutôt que de faire pression sur la Chine pour qu’elle augmente ses quotas d’exportation de terres rares, les pays développés devraient plutôt remettre en cause leurs modes de consommation et encadrer l’industrie des nouvelles technologies : « Des entreprises comme Apple saturent les consommateurs avec des publicités incitant à acheter des produits high-tech qui sont obsolètes en quelques mois. Le coût de ces produits reflète davantage les investissements en marketing que le vrai coût environnemental et social de l’extraction des minerais indispensables à leur fabrication. »

Les Amis de la Terre militent pour changer le rapport des consommateurs aux produits de nouvelles technologies et sensibilisent contre l’illusion que le bien-vivre passe par la surconsommation. Selon Camille Lecomte, chargée de campagne aux Amis de la Terre : « Nous demandons aux entreprises de sortir des logiques d’obsolescence programmée, de s’engager à allonger la durée de vie et de rendre réparables les produits mis sur le marché. Il est urgent de réduire la demande mondiale et de mettre un frein à l’extraction de ressources naturelles et minières. »






Source : Communiqué de presse des Amis de la terre

Plus d’informations : Plus d’informations : Obsolescence programmée

Lire aussi : En Mongolie, l’extraction des terres rares détruit l’environnement

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