Toyota, Samsung : ces sponsors des JO champions du greenwashing
Au parc urbain de Paris 2024. - Flickr / CC BY-NC 2.0 / Andy Miah
Au parc urbain de Paris 2024. - Flickr / CC BY-NC 2.0 / Andy Miah
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Médaille d’or pour Toyota, médaille d’argent pour Procter & Gamble et médaille de bronze pour Samsung. C’est le podium gagnant révélé par New Weather Institute, dans un rapport publié le 22 juillet dernier. Les trois entreprises font partie des 15 sponsors les plus importants de Paris 2024, réunis au sein du programme The Olympic Partner (TOP) et qui bénéficient des droits de marketing exclusifs sur les Jeux olympiques et paralympiques.
L’association britannique a comparé les émissions de gaz à effet de serre (GES) autodéclarées par ces sponsors de premier plan. Le japonais Toyota remporte l’or haut la main, précise le rapport, avec un score de 575,8 millions de tonnes d’équivalent CO2 (MtCO2eq). Il émet plus de CO2 que la France et plus que tous les pays participant aux JO cette année, à l’exception de 11 pays — comme les États-Unis et la Chine. Juste derrière, arrive le lessivier états-unien Procter & Gamble, avec 159 MtCO2eq, puis le géant de l’électronique coréen Samsung (139,8).
Promotion des véhicules à essence
Dans son rapport, l’ONG constate également que ces trois industriels se servent des JO pour verdir leur image, et recourent ainsi au greenwashing. Par exemple, Toyota fournit 2 674 véhicules pour transporter les athlètes et les participants accrédités entre les épreuves, véhicules qu’elle présente comme une « flotte de véhicules de tourisme 100 % électrifiés ». Or, 1 021 de ces voitures sont des hybrides qui fonctionnent à l’essence, et ne sont donc pas entièrement électrifiées. Seules 176 d’entre elles sont équipées d’une prise. Les 845 hybrides restantes n’ont pas de prise – leur seule source d’énergie est à la pompe à essence.
« Si les modestes gains d’efficacité de ces véhicules sont à saluer, la réalité scientifique et technique est que 100 % de leur apport énergétique provient de la combustion d’essence. Décrire ces véhicules comme “100 % électrifiés” est tout simplement une absurdité pseudo-scientifique, apparemment conçue délibérément pour tromper le public et l’inciter à s’en tenir aux véhicules à essence », déplore l’association. Elle rappelle que Toyota est par ailleurs accusée par Eko, un groupe de consommateurs international, de tromper via ses publicités les consommateurs intéressés par les voitures électriques.
New Weather Institute exhorte le Comité international olympique (CIO) à abandonner ces sponsors polluants, à l’image de ce qui s’est passé pour l’industrie du tabac, et à s’associer à des entreprises qui font véritablement avancer la transition écologique.