Un président de chambre d’agriculture appelle les éleveurs à tuer des loups
Le président de la chambre d’agriculture de la Haute-Saône « enjoin[t] les éleveurs à taper un loup ». - Pixnio / christels
Le président de la chambre d’agriculture de la Haute-Saône « enjoin[t] les éleveurs à taper un loup ». - Pixnio / christels
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« J’enjoins les éleveurs à protéger vous-mêmes vos biens, à sortir armés et à taper un loup si vous en voyez un ! » Cet appel à enfreindre la loi — tuer un loup, espèce protégée, est passible de trois ans d’emprisonnement et de 150 000 euros d’amende — n’émane pas d’un inconnu mais du président de la chambre d’agriculture de la Haute-Saône lui-même. Dans un courrier daté du 23 septembre adressé à 1 500 éleveurs, que l’Est républicain s’est procuré, Thierry Chalmin écrit ainsi que « c’est très malheureux d’en arriver là, mais ça suffit ». Il avait déjà invité oralement les éleveurs à ce qu’il appelle la « désobéissance civile » lors d’une réunion de la chambre d’agriculture le 20 septembre.
En septembre, un loup a tué une vache et huit brebis dans le secteur de Villersexel. Quelques jours plus tard, des éleveurs accompagnés de la FDSEA et des Jeunes agriculteurs ont accroché le cadavre d’un mouton mort à la grille de la préfecture de Vesoul pour demander l’autorisation d’un tir de défense contre un loup aperçu dans le département.
Le statut de protection du loup est de plus en plus contesté. Le 25 septembre, les représentants des États-membres de l’Union européenne ont déclassé le loup d’« espèce strictement protégée » à « espèce protégée ». Pourtant, en France, la taille des meutes et les naissances de louveteaux ont diminué pour la première fois depuis le retour de l’espèce, à cause du braconnage. La population de loup a même diminué de 9 % en France en 2023.