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En bref — Pollutions

« Un tournant historique » : des milliers de substances nocives bientôt interdites

Parmi les substances, le groupe des PVC (polychlorures de vinyle), plastiques peu recyclables utilisés dans les jouets.

Plastique PVC, retardateurs de flamme, bisphénols... La Commission européenne a publié, lundi 25 avril, sa « feuille de route » des restrictions de substances chimiques. 4 000 à 7 000 substances ne seront plus commercialisées d’ici à 2030, selon les calculs du Bureau européen de l’environnement (BEE), qui a qualifié l’opération de « plus vaste interdiction de produits chimiques toxiques à ce jour ».

Le document détaille les futures restrictions envisagées, actuellement négociées entre Bruxelles et les États membres. Les travaux sont jugés « très avancés » pour six familles de substances examinées par l’Agence européenne des produits chimiques (Echa), les États et la Commission en vue d’un projet d’interdiction progressive.

Parmi elles : le groupe des PVC (polychlorures de vinyle), plastiques peu recyclables utilisés dans les jouets, les emballages alimentaires ou les textiles, ainsi que leurs additifs (phtalates, PFAS, métaux lourds, etc.), liés à des cancers. Les retardateurs de flamme et les substances classées comme cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction (CMR) dans les produits pour enfants, comme les couches, sont également concernés, ainsi que les bisphénols, utilisés dans la fabrication de plastiques et contenants alimentaires, et considérés comme perturbateurs endocriniens.

Le Réseau Environnement Santé (RES) se rejouit de ce « tournant historique » : « On passe de l’approche substance par substance à une approche par groupe de molécules. » En d’autres termes, toutes les substances d’une même famille seront considérées aussi dangereuses que la plus nocive. « Logiquement, on devrait donc assister à une accélération de la diminution de l’exposition des populations à ces substances dangereuses, loin de la lenteur qu’impliquait l’approche substance par substance jusqu’alors en vigueur ! » salue Générations futures.

Les ONG assurent néanmoins rester vigilantes pour que ces décisions soient réellement mises en œuvre. « L’industrie pétrochimique va s’y opposer férocement [...]. Les retardateurs de flamme et bisphénols sont largement utilisés, il faut du courage politique pour les interdire. Presque tous les produits manufacturés dans les magasins et nos foyers seront touchés », se méfie Tatiana Santos, porte-parole du BEE, citée par l’AFP. L’industrie a déjà exprimé ses réticences après la publication de versions de travail, ce qui avait notamment engendré plusieurs reports de la publication de ce document, qui devait initialement paraître en 2021.

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